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Déclaration CGT : bas salaires
du 23 juin 2005


Monsieur le Directeur,

Depuis plusieurs mois les cheminots agissent, sous des formes diverses, sur les questions du service public, de l’emploi et des salaires et pensions. Malheureusement, gouvernement et direction restent sourds aux revendications exprimées. Pourtant, la faiblesse du pouvoir d’achat dans notre pays pèse largement sur la consommation des ménages et tire la croissance économique à la baisse. Cependant, le Ministre des Finances affirme que « la France vit au-dessus de ses moyens ». Nul doute qu’une telle affirmation ne saurait concerner la plupart des salariés actifs et retraités, et parmi eux les cheminots !

En effet :
• 12 % des cheminots de l’exécution et 6 % de l’ensemble des cheminots du CP auxquels il faut ajouter des milliers de contractuels, percevaient (indemnités et gratifications comprises) moins des 1400 € bruts que la CGT considère comme un minimum pour vivre ;
• 55 % des pensions directes brutes sont inférieures à 1 400 € ;
• 74,1 % des pensions de réversion sont inférieures à 700 €.

Ces quelques chiffres montrent que notre entreprise demeure une entreprise de bas salaires et de basses pensions, même si la direction s’efforce d’externaliser comme ont dit, l’essentiel des emplois non qualifiés.

Comment pourrait-il en être autrement quand on sait que le salaire d’embauche est passé, pour la première fois historiquement, sous le SMIC, en juillet 2000 pour la zone résidentielle 3. Du coup, la VRM joue le rôle de voiture balai et englobe plus ou moins de positions (et échelons) de la grille suivant la période de l’année. C’est ainsi qu’en juillet 2004, dans la zone résidentielle la plus basse (zone IR 3), il fallait être embauché au moins à la position 5 pour être au-dessus de la VRM !

Qu’en sera-t-il en juillet 2005, si aucune mesure n’est prise, puisque la VRM devrait se situer au minimum au niveau du SMIC unique soit à 1 216,5 € environ.

Si nous voulons résoudre durablement cette question des bas salaires et par la même occasion celle des basses pensions, il faut s’interroger sur le pourquoi d’une telle situation.

Pour la CGT, cette situation résulte de plusieurs décennies d’une modération salariale fondée sur la mise en œuvre de la désindexation salaires – prix. Résultat : il faudrait revaloriser de 15,9 % la valeur du Point 100 pour qu’elle retrouve son niveau de pouvoir d’achat de décembre 1981 !

Une telle régression de la valeur brute du Point 100 n’est évidemment pas sans conséquence sur l’ensemble des salaires et pensions qui sont tirés vers le bas, et ce malgré toutes les mesures prises pour atténuer l’effet désastreux de la désindexation.

Si cette politique salariale engendre un sous paiement généralisé des qualifications, ce sont évidemment les bas salaires qui sont les plus malmenés par cette dérive parce qu’elle touche aux moyens d’existence. En effet, faut-il vous rappeler que dans la zone 1, en 1981 :
• le salaire d’embauche à la position 2 se situait à 19,2 % au-dessus du SMIC et qu’il lui est inférieur fin 2004 de 1,7 %, et pourtant il a bénéficié au travers de mesures bas salaires et réformes de la grille d’un relèvement de son coefficient de 34,9 points ;
• le salaire d’embauche à la position 4 (CAP) se situait à 37,7 % au-dessus du SMIC et qu’il ne lui est supérieur fin 2004 que de 6,5% ;
• le salaire d’embauche à la position 5 (bac) se situait à 40,9 % au-dessus du SMIC et qu’il ne lui est supérieur fin 2004 que de 7% ;
• le salaire d’embauche à la position 13 (BTS) se situait à 84,4 % au-dessus du SMIC et qu’il ne lui est supérieur fin 2004 que de 36,7 % ;
• quant au minimum de pension, il se situait à 4,5 % au-dessus du SMIC et il lui est inférieur fin 2004 de 15,4 %.

Non seulement les mesures bas salaires que nous avez prises depuis plus de 20 ans n’ont pas réglé le problème, mais elles ont engendré un écrasement du paiement des qualifications et des déroulements de carrière des plus basses qualifications tout en accentuant le creux de grille.

Donc, la CGT qui revendique un salaire minimum d’embauche et un minimum de pension à 1 400 €, vous propose les mesures bas salaires suivantes :
• rattrapage du contentieux salarial par revalorisation de la valeur du Point 100 ;
suppression des zones de majoration résidentielle 2 et 3 et alignement sur la zone 1 ; • relèvement du coefficient d’embauche à la position 2 à 205,4 avec établissement d’une progression uniforme de 3,6 % entre les positions de la grille actuelle ;
• attribution d’une somme dégressive du bas vers le haut sur les primes de travail des codes 1 et 2 et répercussion sur les autres codes primes ;
• durée de séjour sur la position 2 limitée à 1 an (période d’essai) et passage automatique à la position 3 ;
• suppression de la position B4 et passage de tous les agents concernés à B5 ;
• passer les agents à service discontinu (classes G1 et G2) sur la qualification A ;
• amélioration du déroulement de carrière des agents embauchés sur A afin qu’ils accèdent à la qualification B ;
• porter à 30 % le pourcentage de passage d’une position à l’autre ;
• instaurer un système d’avancement en échelon combinant une attribution de points identique et un taux d’augmentation identique pour tous ;
• attribuer la prime de fin d’année aux contractuels de l’annexe B ;
• pour les retraités, appliquer la péréquation à l’ensemble des mesures prises pour les actifs ;
• aligner le coefficient du minimum de pension sur celui du salaire d’embauche ;
• intégrer rapidement les points d’indemnité de résidence restants ;
• relever à 54 % le taux de la réversion.

Voilà, Monsieur le Directeur les propositions de la CGT concernant les bas salaires et basses pensions Comme vous pouvez le constater, il s’agit de mesures durables qui évitent l’effet de nivellement engendré par la VRM. Enfin, nous pensons qu’il serait nécessaire de faire un point annuellement, à la fin juin, lorsque les mesures prises pour le SMIC sont connues.

Montreuil le 23 juin 2005


2005
  Déclarations CGT :
05/07 l Bas salaires 23/06
  Lettre à Pierre Izard
  Compte rendus :
Bas salaires 23/06 l Table ronde 25/02 l Bilatérale du 15/02
  Intervention de Patrick Chamaret 20/04
  la Tribune n°824
  Tract argumentaire salaires (22/03) pdf 564 ko
  Déclaration de Maryse Dumas 18/03
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