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Partout en France, dans le privé comme dans le public, de plus en plus de salariés agissent afin d’obtenir des mesures salariales permettant de vivre dignement et de reconnaître leurs qualifications. Ils ont raison !
Cette exigence d’une revalorisation salariale se trouvait en bonne place lors des fortes mobilisations de la fin de l’année 2007, de l’imposante manifestation du 22 janvier 2008 et dans le cadre de la DCI déposée le 29 janvier dernier par l’ensemble des fédérations syndicales de cheminots.
Le gouvernement, le Medef, nous parlent sans cesse de " revaloriser le travail ", de " travailler plus pour gagner plus ", de " libérer le travail ".
Or si le travail est dévalorisé, c’est surtout et avant tout en raison de la faiblesse des salaires, la négation des qualifications, et la précarisation.
De ce point de vue, l’accord salarial 2007, qui entérine une nouvelle perte du pouvoir d’achat, et sur lequel s’appuie la direction de l’entreprise pour considérer closes les discussions pour 2007, est éclairant !
L’accord salarial 2007 signé par la CFDT, la CFTC, l’UNSA et la FGAAC n’assure absolument pas le maintien du pouvoir d’achat !
En effet, au cours de l’année 2007, la hausse officielle des prix a atteint 2,6% alors que l’augmentation générale des salaires et pensions a été limitée à 1,5%. Résultat, il manque 1,1% pour maintenir le pouvoir d’achat ! Alors non, le compte n’y est pas pour 2007 !
Et ce n’est pas en augmentant de 50€ le 3e tiers de la gratification exceptionnelle, avec un minimum de 100€ versé en février 2008 (1er versement de 100€ minimum effectué en octobre 2007), ni en généralisant les systèmes de reconnaissance de la performance collective dans 71 établissements, ou encore en triplant les montants de la GIR, que les pertes de pouvoir d’achat enregistrées pour 2007 seront compensées, d’autant que ces mesures sont inégalitaires, injustes et non pérennes !
Par ailleurs, de telles mesures ne s’appliquent pas aux retraités, alors qu’eux aussi ont vu leur pouvoir d’achat fortement baisser.
D’autre part, le niveau atteint par le contentieux salarial est tel qu’il a contraint la direction SNCF à prendre des mesures bas salaires, afin que le salaire minimum d’embauche ne se situe pas en dessous du Smic.
Pour rappel: augmentation de la prime de travail des code prime 1 et 2 au 1er janvier 2007, allant de + 15€ à la position 3 à + 2,67€ à la position 15.
• Si ces mesures apportent un plus pour les cheminots concernés, elles accompagnent une régression considérable du pouvoir d’achat, et de la valeur du point de la grille.
D’ailleurs pour que la valeur du point 100 brut retrouve son niveau de pouvoir d’achat de 1981, il faudrait augmenter celui-ci de plus de 16,47%.
Enfin, la mise en œuvre de cette politique salariale a, non seulement, contribué à une perte importante du pouvoir d’achat, mais a aussi entraîné une contraction significative des écarts hiérarchiques, en tirant l’ensemble des rémunérations vers le bas. (Voir graphique)
Et pour ce qui est des premières mesures salariales 2008: le compte n’y est toujours pas? ; !
Non seulement, la SNCF fait l’impasse sur la perte de pouvoir d’achat de 1,1% pour 2007, mais en ces premières mesures 2008? ; ; elle impose aux cheminots une nouvelle perte de pouvoir d’achat en 2008 au regard d’une hausse des prix prévue à +2,1%.
Car en cette période de hausse des prix tout azimut (loyers, énergie, santé, produits alimentaires, transports…), les observateurs économiques ne sont guère optimistes quant à une inversion de tendance, bien au contraire.
D’ailleurs, les cheminots avec de plus en plus de salariés en France sont nombreux à comprendre que derrière le slogan de campagne électorale " travailler plus pour gagner plus ", se cache la volonté de limiter, autant que possible, les augmentations générales de salaires dans les entreprises qui ont encore enregistré des résultats records en 2007 et qu’aucun effort n’est demandé aux actionnaires qui se lèchent déjà les babines.
L’argent existe donc pour augmenter les salaires et pensions y compris à la SNCF qui, si l’on en croit les rumeurs, s’apprête à annoncer elle aussi des résultats records et ce malgré les grèves de fin d’année.
Alors ensemble réaffirmons avec force que la redistribution des richesses créées par les salariés doit se faire au travers de l’amélioration du pouvoir d’achat, des salaires et pensions: cela est possible, c’est une question de justice sociale !
Il faut transformer le mécontentement existant en véritables mobilisations gagnantes. Car ces mobilisations, quand elles existent, paient. Même si cela reste insuffisant, c’est l’action de grève unitaire CGT et CGC du 13 décembre 2008 qui aura gagné l’augmentation de 7,50 euros de la prime de travail. Nous en voulons plus ? Alors mobilisons-nous massivement à la SNCF et avec les autres salariés lors des perspectives revendicatives qui ne manqueront pas d’être proposées par la CGT.
à lire aussi:
Propositions salariales 2008 de la SNCF
Michel Duhau, Commission fédérale salaires
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