Fédération CGT des Cheminots


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Pour un centenaire actif !

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celebre100ansNotre fédération célébrera ses 100 ans en 2017. Nous ambitionnons que les syndiqués s’en saisissent et organisent diverses initiatives tout au long de l’année, sur l’ensemble du territoire et dans les syndicats.

Fêter dignement notre centenaire suppose d’inscrire ces actions dans le temps, ou plutôt de prendre le temps pour les mener à bien. Engager dans cet anniversaire le plus grand nombre de nos camarades, au plus près de leurs lieux de travail, est par conséquent un enjeu majeur.

Notre volonté est d’impliquer les militantes et militants, les syndiqués et, plus largement, les cheminots dans une démarche participative, non magistrale, souhaitée en proximité.

Le contenu des initiatives peut aborder différents angles comme la portée des luttes syndicales ou celle des mobilisations de notre organisation au service des revendications des cheminots. Un retour sur les rôles tenus par nos militantes, militants et responsables dans l’expression citoyenne du pays vis-à-vis de questions relevant de leurs champs d’intervention, à l’instar de celui du service public, est également envisageable.

Nous souhaitons, aussi, développer l’idée que notre fédération et la CGT sont « toujours jeunes des espoirs qui les ont fait naître ». Associer les jeunes cheminots CGT via les collectifs Jeunes et notre Institut d’histoire sociale, permettra de dépasser « l’aspect de l’histoire pour l’histoire »…

Concernant la forme des actions, cela peut aller de l’écriture de l’histoire de votre syndicat, comme les camarades du Havre s’y emploient actuellement, à des réalisations d’expositions, de tenues d’assemblées sur un ou des faits précis en lien avec votre histoire locale. D’autres manifestations peuvent même dépasser, là où c’est possible, nos enceintes ferroviaires pour accrocher au passage l’attention de bon nombre de voyageurs salariés, privés d’emploi, jeunes…

Le 43e Congrès fédéral marquera bien le point de départ de cette démarche qui, à n’en pas douter, trouvera des échos tout au long de l’année 2017 pour s’achever à la fin de celle-ci par une grande initiative nationale, en un lieu reconnu du point de vue de l’histoire sociale.

Au final, la célébration de ce centenaire doit permettre de conforter la pérennité d’une identité et d’un patrimoine cheminots CGT qui a fait et continue de faire ses preuves !
Ainsi pourront être salués comme il se doit ce premier siècle passé et ce second engagé.

Thierry Nier, secrétaire fédéral.

L’UFCM dans l’histoire

100 ans de luttes

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UFCM-histoireLes questions de la syndicalisation des maîtrise et cadres, de l’outil syndical, de son efficacité en prise avec les défis d’aujourd’hui seront une nouvelle fois discutées lors du prochain congrès UFCM, qui aura lieu à Saint-Malo
du 21 au 23 novembre 2017.
Un bref regard dans le rétroviseur de l’histoire de cet outil spécifique, né de la volonté de la CGT d’accompagner les salariés au plus près de leurs revendications, nous permettra d’en saisir les enjeux.
Notre fédération, tout au long de son histoire a toujours œuvré, quelles que soient les difficultés, au rassemblement des cheminots de tous grades. Ce fut pour elle une question essentielle, jamais anodine.
Pierre Semard, en son temps, mesurant bien l’apport des cadres et leur situation particulière dans la production, avait veillé à ce qu’ils aient toute leur place dans la CGT, du local au national.
Après-guerre les structures évoluèrent. Une section cadres émergea dans les syndicats jusqu’à la création de l’Union fédérale des cadres (UFC) en 1958. L’Union fédérale des cadres et maîtrises (UFCM) fut créée en 1973 avec plusieurs syndicats regroupant ces catégories au sein de la fédération.
Ce choix fut fait pour favoriser la syndicalisation et l’expression spécifique des maîtrises, techniciens et cadres qui, entre-temps, avaient vu leur proportion grandir dans la corporation. L’UFCM CGT est devenue la première organisation chez les maîtrises et la seconde chez les cadres.
Connaître et apprécier ce passé pourrait, n’en doutons point, éclairer les débats du prochain congrès sachant qu’un cheminot sur deux relève désormais des collèges maîtrise et cadres.

Jany Moineau, membre du bureau de l’IHS.

26 ans de CSG

100 ans de luttes

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tribune_678La contribution sociale généralisée (CSG) a été mise en place par le gouvernement Rocard dans le cadre de la loi de finances de 1991. Il s’agit d’un véritable impôt, destiné à « financer » la protection sociale. Les gouvernements successifs et le patronat ont justifié sa création par l’idée que le niveau trop élevé des cotisations sociales – rebaptisées charges sociales – constituait une des principales causes du chômage. Il leur fallait donc les réduire, voire, à terme, les faire disparaître.
Sur ce point, il n’est pas inutile de rappeler la position de notre fédération dans La Tribune des cheminots d’octobre 1990 : « Cette réforme, disions-nous, est un véritable poison qui sera insufflé chaque année à dose de plus en plus mortelle dans la veine de la Sécurité sociale. »

Nous pressentions que la création de la CSG mettrait en cause une des plus grandes conquêtes sociales et démocratiques du XXe siècle, pour lui substituer un régime de solidarité minimum d’assistance aux plus défavorisés, financé par l’impôt. L’objectif final était déjà d’en finir avec le financement fondé sur les richesses créées dans l’entreprise.

Depuis 1993, pas moins de 82 mesures d’exonération ont été mises en oeuvre, tandis que le taux de la CSG s’est envolé, passant de 1,1 % en 1991 à 7,5 % en 1998. La dette de la Sécurité sociale s’accroissant, une nouvelle ponction dans les revenus des citoyens est intervenue avec la création, en 1996, de la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS), dont le taux a été fixé à 0,5 % des revenus bruts.

Malgré la création de ces taxes et les exonérations successives, le chômage n’a cessé d’augmenter ! C’est dire la pertinence du diagnostic !
Les propositions du gouvernement Macron de diminuer les cotisations et d’augmenter la CSG de 1,7 % vont dans le même sens et ne manqueront pas d’aggraver la situation. Autant de « bonnes raisons » de s’y opposer.

Claude Marache, membre du bureau de l’IHS.

* La Tribune des cheminots, n° 678, octobre 1990. Coll. IHS-CGT cheminot.

Statut des cheminots et code du travail

100 ans de luttes

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statut 1920 ihs

L’histoire sociale des cheminots, jalonnée de luttes syndicales, a permis d’élaborer au fil du temps des textes et des pratiques qui charpentent un ensemble de garanties collectives. Ces dernières protègent à la fois individuellement et collectivement les cheminots. C’est particulièrement le cas du « Statut des relations collectives entre la SNCF et son personnel » institué en 1950* en faveur des agents du cadre permanent.

Ce statut, qui a le caractère d’un acte administratif réglementaire, déroge à bon nombre de dispositions du Code du travail. Toutefois, certaines restent applicables aux cheminots.
Cette dérogation trouve son origine à la fois dans les obligations de sécurité, mais surtout au vu « des nécessités particulières du service public » comme l’a rappelé en 1995 le Conseil d’État.

Outil de protection sociale, il n’est pas surprenant que le statut dérange ceux qui veulent imposer plus de libéralisme, de concurrence et de flexibilité.

Au premier rang l’on retrouve le Président Pepy, mais aussi le Medef et bon nombre d’hommes politiques de droite et de gauche, dont l’actuel président de la République.
Et si la loi d’août 2014 (réforme ferroviaire) prévoit le maintien du statut, elle a cependant ouvert la voie à sa marginalisation et son remplacement par une convention collective empreinte de reculs  sociaux. La réforme du Code du travail de Madame Pénicaud vient compléter cet arsenal de destruction.
Mais rien n’est joué d’avance, tout dépendra des cheminots…

Maurice Samson, membre du Bureau de l’IHS des cheminots.

* Le premier statut du personnel a été mis en place en 1912 sur le réseau de l’État, avant que ne soit adopté un statut unique en 1920, lui-même remplacé par une convention collective en 1938 (voir le Cahier de l’IHS n° 54 du troisième trimestre 2015).

Double centenaire de la fédération

100 ans de luttes

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Jean BlancLe 11 mai 2017 restera une date importante pour les cheminots CGT de Capdenac. Ce jour-là, ils ont célébré deux anniversaires : les 100 ans de la Fédération CGT des cheminots et ceux de leur camarade Jean Blanc, syndiqué depuis 70 ans à la CGT.

Sous le regard solennel de nombreux participants, un hommage appuyé a été rendu à Jean. Retraçant sa carrière professionnelle et son engagement syndical, Jean Bonet, pour la section des retraités CGT, a décrit le parcours d’un homme résolument combatif, attaché aux valeurs de la CGT, chaleureux et fraternel. Il a insisté sur sa fidélité à la CGT, pointant au passage l’importance de l’engagement individuel et collectif dans la conquête de nouveaux droits sociaux.

Cédric Robert s’est exprimé au nom de la Fédération CGT des cheminots. Il a retracé pour les camarades présents les grandes étapes de l’activité syndicale et revendicative de la fédération durant ce siècle. Prenant appui sur l’exemple de Jean, il a insisté sur le rôle joué par les cheminots dans les luttes revendicatives, leur contribution ayant permis de réelles victoires (deux expositions dont une sur les luttes locales en témoignaient).
Ému par les marques de respect témoignées par ses camarades et par la fédération, Jean leur a, à son tour, adressé ses remerciements ainsi que sa reconnaissance dans un discours empreint d’humilité.

À l’issue de ces interventions, il a confié être particulièrement touché par la remise de la médaille de la CGT. Une nouvelle preuve de son attachement indéfectible à notre organisation, comme chevillé au corps.

L’engagement de Jean est un rappel autant qu’une inspiration. Comme lui, avec tous les camarades, entamons ce nouveau siècle de notre Fédération avec autant de conviction, de combativité et d’enthousiasme.

Gilles Marinet, section des retraité de Capdenac.

La conquête de la prime de VACANCES !

100 ans de luttes

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La prime de vacances que les cheminots touchent chaque année sur la paie de juin a été acquise par la lutte, en juin 1971, au bout de 10 jours de grève.

Après les événements de mai 1968, le gouvernement rechercha un large consensus, une sorte d’intégration des forces sociales, caractérisée par la duperie de la « nouvelle société » prônée par le Premier ministre de l’époque, Chaban-Delmas, et les discours angéliques sur la « concertation permanente ».

Si l’année 1971 commença par une première signature de l’accord salarial à la SNCF, avec des réserves de la part de la Fédération CGT, elle marqua aussi la fin de la relative accalmie sociale qui avait suivi et une étape nouvelle de démarche syndicale, rompant avec un certain dirigisme.

La grève de juin 1971 n’a en effet pas démarré sur un appel des organisations syndicales CGT et CFDT, mais sur la base de décisions prises localement par les syndicats, après consultation des cheminots. Ce fut la première grève nationale post-1968 de toute une corporation.

Les négociateurs durent faire face à la provocation du gouvernement, le chantage de la direction, les menaces envers les cheminots et les croche-pieds des autres organisations syndicales (OS). Parmi les avancées, la CGT obtint la prime de vacances, encore en usage aujourd’hui. Néanmoins, une partie des cheminots estimèrent les résultats de cette grève très insuffisants.

S’en saisissant, la CGT y vit la nécessité d’approfondir ses pratiques. Avec ses unions régionales et ses syndicats, elle développa alors une analyse visant une action syndicale responsable et efficace, basée sur le respect des règles de la démocratie syndicale et ouvrière, le renforcement de l’unité d’action, la conception de masse et de classe. Autant de questions toujours incontournables pour l’élaboration des revendications et de l’action.

Patrick Chamaret, président de l’IHS.

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À Caen, les 100 ANS !

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Le samedi 25 mars 2017, le syndicat CGT des cheminots de Caen a organisé une grande initiative publique autour des 100 ans de notre Fédération avec débats, expositions, concerts, etc.

Cet événement avait pour vocation de créer du lien avec la population et de rassembler les cheminots afin, dans une période décisive pour notre entreprise publique, de poser une nouvelle voie pour la SNCF : celle du service public. Nous souhaitions à la fois éclairer notre riche passé, mais également tracer des perspectives pour les prochaines années.

L’organisation de cette journée a nécessité un travail de plusieurs mois avec un engagement total des militants du syndicat de Caen. Au vu de la qualité des débats, des stands, et de la restauration, nous pouvons considérer notre pari comme étant réussi.

Nous éprouvons également une grande satisfaction d’avoir su impliquer tous nos syndiqués dans un tel évènement, c’est un bon point pour notre vie syndicale.

L’occupation insolite de la place Pierre Semard à Caen n’est pas passée inaperçue et nous avons pu échanger toute la journée avec de nombreux voyageurs transitant en gare. Nous avons abordé des sujets locaux, comme la grève des agents de la Vente et de l’Escale de Caen, ou certains des enjeux nationaux comme les élections ou l’avenir de la SNCF.

Plus généralement, nous avons pu mettre à profit ce samedi pour évoquer les mobilisations et démontrer leur portée pour changer réellement le cours des choses.

Plusieurs temps forts

Tout d’abord, un hommage appuyé a été rendu à Pierre Semard par le syndicat CGT des cheminots de Caen. Le rappel de son assassinat par les nazis, il y a 75 ans, en ce contexte de retour de l’extrême droite briguant le pouvoir par les urnes, en a été le fil rouge.
Puis un premier débat public, axé sur l’actualité de la SNCF, a vu se confronter des responsables politiques dont Philippe Duron, député bien connu pour son rapport sur les TET*, des usagers et des syndicalistes dont Jean Riconneau, président de la commission économique du CCGPF. Tous ont été amenés à réfléchir sur la question : « SNCF, quelle voie pour le service public ferroviaire ? ». Nous avons eu, à cette occasion, l’opportunité de vérifier, preuves à l’appui, que la vision d’une « concurrence abordée avec intelligence » n’est ni celle de la CGT ni celle des usagers !
Le troisième temps fort a eu lieu l’après-midi avec un débat intitulé « 100 ans de la Fédération CGT des cheminots, quelle place et quel rôle des cheminots dans l’histoire sociale ? ». Aux côtés de Loïc, jeune cheminot de l’atelier de Caen, Gilbert Garrel, président de l’IHS CGT, Christian Langeois, historien, auteur d’une biographie d’Henri Krasucki et enfin Guy Henrio, de l’IHS CGT fédéral, ont tous, en écho des propos de la matinée, mis en résonance l’apport des luttes et des expériences de ce siècle passé.

Allan Bertu, secrétaire général du syndicat.

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Les portes du PROGRÈS et de l’AVENIR

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programmeAlors que le 15 mars devrait être une date fériée, elle passe quasiment inaperçue politiquement et médiatiquement. Elle scelle pourtant la naissance en 1944 d’une ambition et d’un projet de société qui engageaient devant la nation, et pour le long terme, son évolution vers plus de justice et de solidarité.

C’est à cette date que fut signé le Programme d’action de la Résistance, plus connu sous l’appellation de la première édition clandestine, Les jours heureux.

Par fidélité à l’histoire, faut-il rappeler qu’il ne s’agissait pas d’un texte de circonstance mais bien d’un engagement à l’unanimité de la diversité du Conseil national de la Résistance (CNR).

Le Conseil n’avait pas pour seule volonté de rassembler des forces pour chasser l’occupant et ses complices de Vichy. Il voulait aussi que son action débouche sur une société plus humaine, de liberté. Il souhaitait oeuvrer pour l’instauration d’une démocratie économique et sociale définissant les moyens sans lesquels un tel idéal ne pouvait devenir réalité.
Ce programme est un texte vivant qui atteste de la modernité de la Résistance et de son esprit, qui est une source de réflexion pour tous ceux qui sont engagés dans le combat pour la démocratie, les droits de l’homme, contre l’intolérance, le racisme et ses variantes.

À une époque où la détérioration du tissu social ouvre la voie à la démagogie et à l’aventure, où la jeunesse a besoin de repères, il semble utile de rappeler que les valeurs affirmées par le programme du CNR, la liberté, la justice sociale, la solidarité, la tolérance sont les seules susceptibles de constituer le socle d’une république citoyenne et sociale. Un nouveau quinquennat va commencer et, au regard de la campagne et des programmes énoncés, la résistance sociale sera plus que jamais nécessaire pour donner les clés des portes du progrès et de l’avenir.

Patrick Chamaret, président de l’IHS.

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Le MÉMORIAL paraît !

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le-caignardQui sont ces cheminots « tombés pour la France », victimes de la répression nazie et du gouvernement collaborateur de Vichy ?

70 ans après, ils sont encore dans le souvenir et le coeur des familles.

Ils sont certes rappelés à la mémoire des voyageurs grâce à des centaines de plaques dans les gares, et aux cheminots dans les établissements sur des monuments, sans que leur liste ait pu jusqu’alors être élaborée.

Au-delà des chiffres, c’est aussi une mosaïque de portraits, de parcours personnels, professionnels et d’engagements qui les rassemblent dans cet ouvrage montrant les voies parfois singulières ou plus collectives qu’ils ont empruntées pour s’opposer à la barbarie. Faut-il rappeler qu’un nombre important était syndiqué de notre fédération, militant ou délégué dans nos syndicats. Ce livre mémorial décortique également les rouages de la machine de mort nazie, de ses tribunaux expéditifs, alimentés aussi par ceux qui avaient choisi la collaboration, qui les a tués sur place ou envoyés vers la mort, dans des conditions des plus atroces.

Cet ouvrage regroupe les biographies des 2 229 cheminots victimes de la barbarie nazie et du gouvernement de Vichy et des 443 cheminots tués dans les combats de la Libération. Ce projet a été initié par la SNCF début 2011. Il a été placé sous la responsabilité d’un historien majeur de la période, Thomas Fontaine. L’autre caractéristique est que l’ensemble des travaux a été soumis à un comité de pilotage. L’IHS CGT des cheminots a été partie prenante de ce projet en intégrant, à la demande de la fédération, ce comité.

Aussi allons-nous prendre part à sa présentation et à sa diffusion en cette année où nous marquons également le centenaire de la fédération. Cette tranche de l’histoire, de notre histoire, en est une caractéristique incontournable à bien des égards qu’il faut connaître et faire connaître.

Pierre Vincent, membre du bureau de l’IHS.

 

Yves Le Caignard, l’une des 2 229 victimes de la répression. Il est entré aux chemins de fer de l’État en 1924 comme monteur électricien à La Garenne-Colombes puis aux Ateliers de la Folie à Nanterre. Secrétaire du syndicat CGTU des cheminots de La Garenne-Nanterre dès 1927, il est révoqué fin 1940 et condamné pour « menées communistes ». Arrêté en juillet 1941, emprisonné à la Santé puis au camp de Voves, il est déporté à Sachsenhausen en 1942 et meurt de laryngite tuberculeuse en juillet 1944.

 

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Un homme d’exemple

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1-pierre_semard7 mars 1942.
Le secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots est fusillé.
Pierre Semard venait d’avoir 55 ans.

Une vie trop brève, mais d’une intensité remarquable pour ce militant de la première heure qui a marqué l’histoire sociale et politique de la première partie du XXe siècle en même temps qu’il en traversait les moments forts. Plusieurs fois révoqué des chemins de fer entre 1920 et 1939, il fut, dans la même période, incarcéré par la police française, notamment deux fois en raison de son engagement pour la paix et la lutte contre les dictatures et le fascisme.

En 1936, dans le cadre d’un mouvement syndical français uni en pleine bataille contre le fascisme, il fut élu secrétaire de la Fédération unifiée des cheminots, participant à la négociation avec le gouvernement du Front Populaire pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des cheminots, la réintégration des révoqués de 1920, puis pour la nationalisation des chemins de fer.

Il fut ensuite un des quatre administrateurs représentant la fédération dans la jeune SNCF, intervenant au conseil d’administration dans le sens de la modernisation et de la démocratisation de la nouvelle entreprise. Les dirigeants défaitistes de la fédération « légale » le traînèrent en justice sans fondement. La bourgeoisie collaboratrice française en profita pour l’emprisonner et le jeter ainsi aux nazis qui le fusillèrent, pour museler et soumettre à leur joug la corporation et la fédération clandestine.

Les cheminots n’en furent que renforcés dans leur résistance et leur combat revendicatif jusqu’à la grève générale et l’insurrection en finalité.

Soixante-quinze ans après, Pierre Semard tient toujours une place éminente dans la mémoire collective. Dans la période actuelle, au-delà du souvenir, rappelons-nous ses engagements. Ils peuvent être précieux pour refuser l’inacceptable banalisation dessinée aux élections présidentielles et créer une dynamique progressiste pour la France.

Patrick Chamaret, président de l’’IHS.

La vraie info - Le JT des cheminots

Dans les médias

17 novembre 2017

La CGT plaide pour le maintien de la qualité de service du train de nuit

Pour la journée nationale d'action, le 16 novembre, contre les ordonnances Macron, localement, la CGT a voulu mettre l'accent sur la défense du service public ferroviaire.[…]

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