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TRANSPORT de marchandises

Imposons une autre politique du fret !

Gouvernement et direction SNCF, responsables et coupables !

Du plan Véron de 2003 jusqu’au schéma directeur de 2009 de M. Blayau (alors directeur de la branche SNCF Geodis), les plans de restructurations, avec l’aval des différents gouvernements, se sont succédé.

À chaque fois, les plans de réduction du déficit se sont appuyés sur les mêmes recettes de contraction des moyens de production. À vouloir couler le Fret SNCF pour favoriser la concurrence, le résultat est catastrophique.
En 12 ans, les fermetures des dessertes et des triages, accompagnées de suppressions de personnel ont affaibli les capacités productives de Fret SNCF et dégradé les conditions de travail des cheminots.
Ce résultat est la conséquence des politiques de transport initiées depuis 30 ans qui ont développé le transport routier au détriment du rail et ont laissé la SNCF décider de sa stratégie pour le transport de fret. Or, celle-ci a été plus que hasardeuse et a manqué d’adaptation à l’évolution industrielle et aux nouveaux besoins de transport. Pour répondre aux intérêts des capitalistes et leur permettre d’entrer dans le ferroviaire, l’Europe libérale a décidé d’ouvrir le fret ferroviaire à la concurrence. En France, celle-ci s’est faite en 2003 pour le cabotage et en 2006 pour les trafics intérieurs, avec l’aval de la SNCF qui a pu ainsi organiser sa concurrence en interne en offrant les trafics les plus rentables et les plus simples à ses filiales et aux entreprises privées.

Les résultats économiques de Fret SNCF n’ont cessé de se dégrader. Les pertes financières de Fret SNCF augmentent chaque année, passant de 50 millions en 2000, à 450 millions d’euros en 2011 pendant que le nombre de tonnes de marchandises transportées par rail était divisé par deux, passant de 55 milliards de tonnes kilomètre en 2000 à 20,7 milliards en 2012. La crise n’a fait qu’accentuer cette dégradation. La dette est passée de 2,1 milliards d’euros en 2009 à plus de 3,3 milliards en 2012.

Dans le même temps, VFLI, filiale de la SNCF, a vu son chiffre d’affaires multiplier par trois de 2007 à 2011 ! Et au 1er trimestre 2013, les filiales d’Europorte réalisent + 9 % de chiffre d’affaires.
Et on nous dit qu’il n’y a plus rien à transporter. Mensonges !
C’est ce que prouve le rapport du CCE remis aux élus du CCE dans le cadre de la procédure de droit d’alerte qu’il a déclenchée.
Alors que la CGT combat la politique menée au Fret depuis 10 ans, le rapport du CCE est accablant et permet de pointer les responsabilités respectives de l’État et de la direction SNCF.
Sans surprise, les analyses et recommandations de ce rapport rejoignent les revendications de la CGT.
Il est maintenant avéré que l’État est coupable d’une politique de transport du tout routier, avec la complicité de la direction SNCF, qui a cloisonné les activités et les métiers pour démanteler volontairement le Fret.

Il faut changer de politique !

Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités en désendettant le système ferroviaire comme l’ont fait d’autres pays européens, et en mettant en œuvre une politique de transport de marchandises favorable au développement du rail dans l’intérêt des populations.

Or, la réforme du système ferroviaire ne prend pas en compte le transport de marchandises par rail qui est absent des propositions du gouvernement. Il est temps que la direction de la SNCF accepte l’échec de sa politique et revoit son organisation de production.

À l’unanimité, les élus du CCE ont pris la décision de saisir le Conseil d’administration de la SNCF. Il nous faut mettre la pression sur les représentants du gouvernement et les dirigeants de la SNCF afin qu’ils prennent en compte les recommandations du CCE.

La CGT, en se référant au rapport du CCE pour relancer le transport de marchandises dans l’entreprise publique, exige :.

  • La reconnaissance de l’activité fret au sein de la SNCF comme un véritable service public.
  • L’arrêt des restructurations et la réouverture des gares Fret, des triages et pour certains un retour au tri par gravité, du wagon isolé et de la messagerie.
  • L’arrêt des suppressions d’emplois et le décloisonnement de la production en mutualisant les moyens humains et matériels dans une SNCF intégrée.
  • Une politique technico-commerciale volontariste au plus près des chargeurs et des organisations du travail en multiactivités et multiproduits.
  • Des IRP ayant un pouvoir décisionnel dans la proximité.

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