Fédération CGT des Cheminots


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Une fraternité RÉAFFIRMÉE

| Europe et service public

fraterniteUne délégation de notre fédération a été invitée au début du mois de novembre au Vietnam afin de consolider des décennies de coopération syndicale.

Depuis longtemps déjà, les dirigeants syndicaux et politiques vietnamiens entretiennent une relation particulière avec la France, la CGT et le Parti communiste français (PCF).

Un lien historique

Des liens étroits se sont tissés au fil du temps, à travers les luttes, mais aussi du fait de la présence française de longue date dans cette région d’Asie. La CGT y a été particulièrement active durant la guerre pour la réunification du nord et du sud du Vietnam (de 1955 à 1975). Notre fédération et toute la CGT ont agi régulièrement pour exiger la fin de la guerre impérialiste américaine et l’arrêt des combats, ce qui les a conduits à s’opposer aux actions de l’armée française dans la région où nous n’avions aucune légitimité. Nous avons pu constater l’étroitesse de ces liens dans plusieurs musées, tant à Hanoï (la capitale) qu’à Hô-Chi-Minh-Ville (ex Saïgon). L’architecture et la culture françaises font partie intégrante de l’histoire de ce pays. Les chemins de fer n’échappent pas à la règle. Certains ateliers du matériel et des gares notamment, témoignent de l’influence architecturale française.

Paradoxes

De manière générale, le pays est en plein essor, mais l’ouverture progressive à l’économie de marché engendre des inégalités. La population n’est globalement pas riche, mais le « vivre ensemble » que nous avons pu constater au quotidien pourrait bien être jalousé par nos sociétés occidentales, de plus en plus individualistes. Le développement à grande vitesse des villes et de l’économie impose une modernisation des infrastructures de transport sans précédent. Si l’héritage historique du chemin de fer à voie métrique et le retard technologique sont un frein à l’essor du ferroviaire, le potentiel est là. Il est donc impératif de développer les coopérations.

Bilan

Notre délégation a rencontré des dirigeants syndicaux et des responsables d’entreprises dans le domaine des infrastructures, du matériel et des gares. Si l’organisation du système ferroviaire présente quelques similitudes à la nôtre, les rapports syndicaux sont, eux, complètement différents. Cette visite d’une semaine aura permis un approfondissement de nos connaissances de ce merveilleux pays. Les rencontres avec nos homologues nous ont démontré toute la pertinence d’un syndicalisme mondial, mutuellement profitable. C’est ainsi que la fédération s’est engagée avec enthousiasme à poursuivre le travail syndical aux côtés de nos camarades vietnamiens.

La délégation CGT.

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Géographie

Le Vietnam est une république socialiste. Sa superficie est de 330 967 km2 pour 92,7 millions d’habitants (en 2016). Il est bordé au Nord par la Chine, à l’Ouest par le Laos, le Cambodge et le golfe de Thaïlande et par la mer de Chine méridionale à l’Est et au Sud. Sa capitale est Hanoï.

Histoire

Les Français occupent le Vietnam à partir de 1862. Le Second Empire français s’empare alors de la Cochinchine, partie sud du pays et parachève son occupation en 1880 grâce à l’expédition du Tonkin. Dans les années 1930, le Parti communiste indochinois, dirigé par Nguyen Aï Quoc, futur Hô Chi Minh, organise des insurrections, durement réprimées. Les nationalistes vietnamiens modérés et l’Empereur Bảo Đại tentent d’obtenir, par la négociation, une autonomie accrue, mais n’ont pas plus de succès. En 1945, le Japon, qui occupait l’Indochine française depuis 1940, démantèle l’appareil colonial français pour prendre le contrôle du territoire. La reddition japonaise, quelques mois plus tard, permet au Viêt Minh, front nationaliste dirigé par le parti communiste de Hô Chi Minh de prendre le pouvoir lors de la Révolution d’août (1945). Les Français ne parviennent que progressivement à reprendre le contrôle de l’Indochine. Hô Chi Minh tente la voie de la négociation, mais les pourparlers avortent et, fin 1946, le conflit larvé débouche sur la guerre d’Indochine. Les Français réorganisent le pays, unifiant les trois territoires au sein de l’État du Vietnam. Après leur défaite, lors de la bataille de Diên Biên Phu, ils renoncent à poursuivre un conflit ingagnable et, lors des accords de Genève de 1954, reconnaissent l’indépendance du pays.

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Répression syndicale sans FRONTIÈRE

| Europe et service public

europeLes militants et responsables syndicaux, parce qu’ils représentent ceux qui luttent pour leurs droits, sont toujours la première cible de la répression patronale.

Tout à son objectif de réduire les avantages sociaux, le libéralisme mondial n’épargne aucun salarié et s’attaque au droit du travail en général. Premier obstacle à briser sur sa route : le syndicat.

ETF, une instance pivot

L’ETF(1) constitue l’instance privilégiée à même de contrer cette charge constante. Quand un syndicaliste est victime de répression et que l’action de son syndicat dans son pays peine à aboutir, elle engage une campagne contre l’entreprise en cause et tous les syndicats affiliés agissent de concert par l’envoi de courriers à la compagnie et au ministère concernés. Souvent, cette solidarité trouve également un relais mondial avec l’ITF(2). Ces initiatives connaissent la plupart du temps une issue favorable et peuvent se conclure par un accord.

Pour des droits sociaux européens

L’ETF revendique un « pacte social » européen qui accorde la prévalence des droits sociaux et syndicaux sur les libertés économiques. Cet objectif ne pourra être atteint que si les syndicats sont capables de modifier profondément l’équilibre des forces en leur faveur dans la société. Les militants et responsables syndicaux, parce qu’ils représentent ceux qui luttent pour leurs droits, sont toujours la première cible de la répression patronale. Répression syndicale sans FRONTIÈRE

Un programme d’action destiné à riposter aux attaques lancées contre les travailleurs et la protection sociale pourrait à cet effet constituer la base d’un mouvement syndical plus large pour gagner une Europe sociale. Cet objectif nécessite qu’au préalable les droits fondamentaux des travailleurs ainsi que les sanctions auxquelles les États s’exposent en cas de non-respect des règles, soient clairement définis.

Cette démarche devra par ailleurs s’accompagner d’un renforcement du dialogue social et des négociations collectives, dans le contexte de notre objectif global de protéger et d’exercer pleinement les droits des travailleurs au sein d’une Europe plus sociale, tel que le garantit l’article 152(3) du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Celles-ci constituent en effet les instruments d’intervention fondamentaux dans la lutte contre la crise.

Enfin, il sera nécessaire d’intégrer ou de raviver la participation des syndicats à l’élaboration et au contrôle des politiques économiques, sociales et du travail. La conclusion d’accords contraignants devrait servir à mettre en œuvre des programmes de relance visant à garantir un avenir social et durable pour les transports.

David Gobé, membre du bureau de l’ETF, membre du Pôle fédéral Europe/Inter.

1 ETF : Fédération européenne des travailleurs des transports.
2 ITF : Fédération internationale des ouvriers du transport.
3 Article 152 : L’Union reconnaît et promeut le rôle des partenaires sociaux à son niveau, en prenant en compte la diversité des systèmes nationaux. Elle facilite le dialogue entre eux, dans le respect de leur autonomie. Le sommet social tripartite pour la croissance et l’emploi contribue au dialogue social.

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En bref

La solidarité syndicale en actes
Corée du Sud

La Confédération syndicale internationale (CSI), les Global unions et les organisations syndicales nationales mènent une campagne de solidarité avec les travailleurs coréens et leur organisation, la Confédération coréenne des syndicats (KCTU), ses militants et ses adhérents, pour la libération des leaders syndicalistes emprisonnés. La CGT et ses organisations ont envoyé de nombreux messages de soutien et participé à des actes de solidarité à Séoul, dont deux visites à Han Sang-gyun, président de la KCTU, au centre de détention de Séoul.

Turquie
CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, FSU, Solidaires et UNSA ont envoyé un courrier unitaire à Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, et une lettre de protestation à l’ambassadeur de Turquie en France. Dans ces courriers, elles ont condamné les purges collectives ainsi que les licenciements massifs touchant plus de 100 000 personnes, et soutenu l’action des syndicats pour la réintégration immédiate des salariés licenciés ou suspendus.

Inde
Le 4 avril 2017 à Montreuil, la Commission exécutive confédérale et les militants CGT présents ont organisé une initiative de soutien pour la libération des syndicalistes de Maruti Suzuki. Une photo a été prise à cette occasion puis transmise aux travailleurs indiens.

Rappelons que certains d’entre eux ont été condamnés à vie, à la suite d’une grève en juillet 2012.

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La sécurité ferroviaire n’a pas de FRONTIÈRE !

| Europe et service public

europeDepuis des décennies, la dérégulation contraint financièrement les compagnies ferroviaires à plus de productivité au détriment des personnels et de leurs formations.

Même quand il est dû à une erreur humaine, un accident est le résultat de l’accumulation de multiples circonstances à l’origine desquelles on trouve toujours le fruit des politiques libérales. Le ferroviaire a toujours fait de la sécurité sa priorité mais qu’en est-il aujourd’hui ? Italie, Royaume – Uni, Allemagne, France, Espagne, Luxembourg, Belgique, pas un pays n’est épargné par la liste des accidents tragiques de ces dernières années.

L’accident d’Hatfield (Angleterre) en 2000 (7 morts, 22 blessés) révéla la négligence du réseau après sa privatisation. Le GI Railtrack coté en Bourse a été par la suite remplacé par Network-rail à but non lucratif.

L’accident le plus emblématique est survenu en Italie à Viareggio en 2009. Un train de citerne contenant des matières inflammables avait déraillé et l’explosion qui suivit fit 32 morts et 126 blessés.

Cet accident a révélé que le suivi de la maintenance était rendu difficile par la multiplication des opérateurs privés et la réalisation d’opérations de maintenance dans d’autres pays. Les textes législatifs sur les STI1 ont été, depuis, modifiés en 2013.

En Espagne, l’accident de Saint-Jacques-de- Compostelle, au-delà de l’erreur humaine, a mis en exergue la défaillance des jonctions entre les lignes à grande vitesse équipées en ERTMS2 et la ligne classique.

Les « soucis d’économies » ont fait 79 morts. Le conducteur ainsi que 8 employés du GI3 espagnol ont été condamnés.

En Belgique, sept ans après l’accident de Buizingen qui avait fait 19 morts, le parquet a décidé de poursuivre le conducteur mais également Infrabel et la SNCB qui risquent 600 000 euros d’amende.

Mannheim, Zoufftgen, Brétigny-sur-Orge sont autant d’accidents dont les enquêtes et les procédures judiciaires sont encore en cours. La mise en oeuvre d’une culture de sécurité sans blâme paraît essentielle et les syndicats européens au sein d’ETF ont proposé de mener une étude afin de promouvoir la « juste culture », En bref Élections au sein d’ETF Giorgio Tuti, secrétaire du syndicat de transport SEV (Suisse) a été élu président de la section ferroviaire d’ETF. Les membres composant le bureau sont : Maria Cristina Marzola (CGIL, Italie), Robert Slaty (VSZ, Hongrie), Daniéla Zlatkova (FTTUB, Bulgarie), Christian Tschigg (CISL, Italie), Marion Carstens (EVG, Allemagne), Henriq Horup (DJF, Danemark) et David Gobé (CGT, France). Dans la Section Transport Urbain, notre camarade Alain Sutour (CGT) a été réélu président de la section. 1 STI : spécifications techniques d’interopérabilité. 2 ERTMS : système européen de surveillance du trafic ferroviaire. 3 GI : gestionnaire d’infrastructure. DR dans toutes les entreprises car la sécurité n’a pas de frontière.

Cette culture de la sécurité doit prendre en compte les facteurs qui influent sur l’organisation dans son ensemble et la capacité de l’entreprise à traiter les erreurs. Pour cela Il paraît essentiel de promouvoir :
• une véritable analyse de l’apparition de problèmes de sécurité, y compris les facteurs systémiques ;
• l’équité en ce qui concerne les mécanismes de sanction ;
• l’adaptation des organisations pour faire face aux situations délicates ;
• la mise en place d’une relation de confiance entre les différents niveaux hiérarchiques d’une organisation afin de favoriser une gestion constructive de la sécurité.

Il est nécessaire d’apprendre des accidents et des incidents à travers les enquêtes de sécurité afin de prendre les mesures appropriées pour empêcher la répétition de tels événements. Il est donc important de créer un environnement où les événements sont rapportés par les employés non pas sous couvert de la crainte d’une sanction, mais en assurant un comportement responsable de tous.

David GOBE, membre du bureau de l’ETF, membre du Pôle fédéral Europe/Inter.

 

1 – STI : spécifications techniques d’interopérabilité.
2 – ERTMS : système européen de surveillance du trafic ferroviaire.
3 – GI : gestionnaire d’infrastructure.

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En bref
Élections au sein d’ETF

Giorgio Tuti, secrétaire du syndicat de transport SEV (Suisse) a été élu président de la section ferroviaire d’ETF. Les membres composant le bureau sont :

Maria Cristina Marzola (CGIL, Italie),
Robert Slaty (VSZ, Hongrie),
Daniéla Zlatkova (FTTUB, Bulgarie),
Christian Tschigg (CISL, Italie),
Marion Carstens (EVG, Allemagne),
Henriq Horup (DJF, Danemark)
et David Gobé (CGT, France).

Dans la Section Transport Urbain, notre camarade
Alain Sutour (CGT) a été réélu président de la section.

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Un paquet EXPLOSIF

| Europe et service public

europeLa récente révision du règlement des OSP (1) en décembre dernier a marqué le franchissement vers une libéralisation totale du rail.

Depuis 25 ans, la législation européenne a été marquée par des étapes successives de libéralisation dont le ferroviaire n’a pas été épargné. Plusieurs ensembles de règlements et directives, appelés paquets ferroviaires, ont permis d’installer progressivement les conditions de l’ouverture à la concurrence dans ce domaine. Le quatrième paquet ferroviaire marque l’aboutissement de ce processus. L’objectif de ce quatrième paquet est la libéralisation totale des transports de voyageurs par rail en Europe. Son application nécessitait l’adoption par le Parlement de ses volets technique et politique. Le pilier technique renforce les pouvoirs de l’Agence ferroviaire européenne (ERA) et harmonise les procédures d’autorisation des entreprises ferroviaires et des matériels roulants. Il a été adopté définitivement au Parlement européen (PE) le 28 avril 2016. Le pilier politique traite quant à lui de l’ouverture à la concurrence et de la gouvernance des chemins de fer. Il vise à entériner l’ouverture à la concurrence dans les transports régionaux et nationaux (TER, TET) avec la révision du règlement OSP 1370/2007 qui, jusqu’alors, permettait l’attribution directe et la conservation du monopole de la SNCF inscrite dans la législation française. Il a été adopté au Parlement européen le 14 décembre 2016.

Les enjeux de l’OSP

La modification du règlement OSP sur les transports publics de voyageurs définit maintenant l’appel d’offres comme étant la règle et l’attribution directe comme étant l’exception. Avec son adoption, les députés ont ouvert la voie à une libéralisation accrue du transport public ferroviaire de voyageurs sans assurer une meilleure protection des travailleurs des transports publics. Par conséquent, la qualité des services publics ferroviaires se trouve directement menacée. Si cette nouvelle phase de libéralisation a été votée par la majorité de droite du Parlement, il faut savoir que le Groupe socialistes et démocrates y est également favorable. En effet, celui-ci a rejeté la modification du règlement OSP, uniquement parce que le transfert des personnels n’y était pas rendu obligatoire. Point positif, les mobilisations des affiliés d’ETF(2) ont permis que la directive gouvernance, dans sa version finalisée, laisse le choix aux États membres d’organiser leurs systèmes ferroviaires nationaux, y compris autour d’une entreprise intégrée, sous réserve d’isoler les fonctions essentielles (attribution et tarification des sillons). C’est également ce que propose la CGT dans son projet « La voie du service public SNCF ».

Le combat continue

Malgré cet aspect, l’adoption du quatrième paquet ferroviaire marque l’aboutissement de la libéralisation totale du chemin de fer en Europe. Cela ne sonne pas pour autant la fin de la bataille pour un véritable service public ferroviaire. La CGT continuera à mobiliser les cheminots et usagers, pour peser sur les orientations politiques, afin que la SNCF redevienne un véritable service public qui réponde aux besoins des populations et des territoires, dans une complémentarité des modes de transport et sans mise en concurrence des salariés. C’est tout l’enjeu des mobilisations que la CGT va engager ces prochaines semaines.

Sylvain Esnault, secrétaire fédéral.

1- OSP : obligation de service public.
2- ETF : Fédération européenne des travailleurs des transports.

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En bref
Rappels historiques

La mobilisation contre le quatrième paquet ferroviaire

9 octobre 2013 : journée d’action dans chaque État. 25 février 2014 : rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg. 8 octobre 2014 : rassemblement à Luxembourg pendant la réunion des ministres du Transport. 8 octobre 2015 : rassemblement à Luxembourg pendant la réunion des ministres du Transport. 13 décembre 2016 : rassemblement à Strasbourg lors du vote du Parlement en 2e lecture du pilier politique.

Les étapes de la libéralisation du ferroviaire en Europe

1991-1995
Premier paquet ferroviaire qui introduit la séparation comptable entre les gestionnaires d’infrastructures et les entreprises ferroviaires (directive 91/440).

1998-2001
Second paquet ferroviaire. Installation de l’Agence ferroviaire européenne (ERA) et nouvelle extension des droits d’accès avec la libéralisation totale du fret.

2004-2007
Troisième paquet ferroviaire. Libéralisation des services internationaux de voyageurs avec la possibilité de cabotage. Révision du premier paquet qui impose un cadre réglementaire plus strict de concurrence avec l’objectif de détruire les « monopoles publics » en les fragmentant encore plus et en dotant la Commission européenne des attributions nécessaires pour l’organisation du secteur ferroviaire, sans faire intervenir le législateur.

2013-2016
Quatrième paquet ferroviaire.

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Un 4e paquet ferroviaire à combattre tous à Strasbourg le 13 décembre 2016 !

Un projet toxique pour le service public ferroviaire, les usagers et les cheminots

| Europe et service public

Le 4e paquet ferroviaire doit être voté en séance plénière du Parlement Européen le 13 décembre 2016 à Strasbourg. Pour les Fédérations syndicales de cheminots affiliées à ETF, CGT – UNSA – CFDT – FO – CFTC, ces textes législatifs répondent aux logiques libérales qui sont en échec depuis plus de 20 ans, prévoyant l’éclatement des entreprises ferroviaires nationales historiques et l’obligation de concurrence sur les trafics ferroviaires voyageurs nationaux.
Quel que soit le secteur observé (électricité, gaz, téléphonie, eau), la libéralisation, la dislocation des opérateurs publics nationaux, voire leur privatisation, n’ont engendré qu’augmentation et opacité des tarifs pratiqués, accroissement de la contribution publique aux opérateurs privés, la captation de dividende par leurs actionnaires privés. Le capital prive ainsi la société des investissements nécessaires. Ces politiques libérales se traduisent par une réduction de l’offre de service public, à moyen terme une augmentation des prix, l’abandon de toute référence à l’aménagement des territoires, la remise en cause des droits sociaux des salarié-e-s et de la sécurité.
En ce qui concerne le Fret ferroviaire, l’ouverture à la concurrence imposée par les instances européennes n’a eu pour effet que de diminuer la part modale des chemins de fer en renvoyant une large part des transports terrestres sur la route.
Spécificité française, ce 4e paquet pourrait remettre en cause toute compensation de l’Etat à la SNCF pour les cotisations de retraite, mettant à mal le régime spécial des cheminots.
Malgré ce constat funeste, les demandes répétées des organisations syndicales, du Comité Economique et Social Européen (CESE), les Instances Européennes, Commission, Conseil des Ministres, Parlement Européen, ont, jusqu’à présent refusé toute évaluation de la mise en oeuvre des précédents paquets ferroviaires.
Leurs résultats désastreux ne peuvent pourtant plus être niés, sur les plans économiques, sociaux, environnementaux et en termes de sécurité des transports par chemin de fer.

Les organisations syndicales CGT – UNSA – CFDT – FO – CFTC demandent aux parlementaires :

  • le rejet du règlement OSP (Obligation de Service Public) qui établit une libéralisation des services ferroviaires nationaux de transport de passagers et des appels d’offres obligatoires ;
  • le respect du droit des États membres à organiser leurs services publics de transport de la meilleure manière possible au vu des besoins spécifiques de leurs citoyens et de leurs territoires ;
  • l’assurance que les droits et les conditions de travail des travailleurs ferroviaires soient préservés, dans la mesure où il s’agit de conditions nécessaires pour des services publics ferroviaires sûrs, efficaces et de qualité ;
  • La garantie d’un financement public de la maintenance de l’infrastructure et de son développement par opposition à des financements privés ou encore des partenariats public-privé (PPP).

ETF et ses organisations syndicales affiliées appellent les cheminots à participer massivement au rassemblement du 13 décembre 2016 à Strasbourg devant le Parlement Européen.
L’avenir du ferroviaire dépend du rapport de forces que nous parviendrons à développer.

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Pour le service public SNCF ! Pour les droits des cheminots !

2e lecture au parlement - 4e paquet ferroviaire

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Après l’adoption de la position commune du Conseil Européen du 17 octobre, le processus législatif du pilier politique du 4e paquet ferroviaire est en cours de finition avec la deuxième lecture au Parlement Européen, qui prévoit le vote définitif les 13 et 14 décembre 2016.

La Fédération CGT et la Fédération Européenne des Travailleurs des Transports (ETF), représentant plus de 700 000 travailleurs dans le secteur ferroviaire européen, restent opposées à la concurrence et appellent à rejeter le règlement OSP. La proposition de modification du règlement 1370/2007 sur les transports publics de voyageurs définit maintenant l’appel d’offres comme étant la règle et l’attribution directe comme étant l’exemption. Les députés s’apprêtent à ouvrir la voie à une libéralisation accrue du transport public ferroviaire de voyageurs sans assurer une meilleure protection des travailleurs des transports publics et menacent, par conséquent, la qualité des services publics ferroviaires. Le cahier des charges doit exiger le respect des conditions sociales et de travail.

Les cheminots doivent se mobiliser et alerter les populations sur les conséquences qu’aurait cette nouvelle phase de libéralisation du service public ferroviaire en cas d’adoption en l’état de ce texte rétrograde.

La France, nos parlementaires européens, peuvent peser de tout leur poids pour bloquer ce projet de 4e paquet ferroviaire. Les cheminots français, dans l’unité, doivent montrer leur détermination pour préserver et améliorer le service public SNCF, les droits statutaires et sociaux des cheminots ainsi que leurs conditions de vie et de travail.

En ce sens, la Fédération CGT appelle les cheminots à se mobiliser et à se rassembler massivement le 13 décembre 2016 à Strasbourg devant le Parlement de l’Europe.

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La CGT en TOURNÉE !

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Les actions revendicatives et les propositions construites en commun font du syndicalisme international, une organisation indispensable de la lutte pour l’émancipation des travailleurs.

Assemblée générale annuelle du RMT à Cardif

Nos représentants ont assisté à l’assemblée générale du syndicat britannique du Rail, Maritime et Transport (RMT) qui s’est tenue les 26, 27 et 28 juin 2016 au Pays de Galles. L’assemblée a eu lieu au lendemain du vote en faveur du Brexit. Le référendum Britannique a fait débat dans le syndicalisme anglais, la majorité des syndicats appelaient au maintien tandis que les cheminots du RMT et l’ASLEF* portaient le « LEXIT », la sortie de gauche, contraction de « Left » et « Exit ».

Face aux discours nauséabonds énoncés durant la campagne médiatique, le RMT a porté les valeurs de solidarité et d’émancipation des travailleurs. En réponse aux propos « anti réfugiés », Mick Cash, secrétaire général du RMT a déclaré que « les étrangers seraient toujours les bienvenus au Royaume- Uni » avant d’ajouter que la convergence des luttes des travailleurs européens et dans le monde était plus que jamais nécessaire. Par notre adhésion commune à la branche d’ETF, la CGT et RMT construisent au sein d’ETF un travail commun dans des instances transnationales et autour des métiers.

Le président du syndicat britannique, Sean Hoyle, a salué les luttes menées par notre confédération depuis des mois contre la politique du gouvernement français sur la casse des droits sociaux. Le RMT a rappelé que les cheminots ont avant tout rejeté la politique libérale de la Commission européenne appuyée depuis des années par la majorité des gouvernements européens avec les conséquences que nous connaissons dans les chemins de fer. Au Royaume-Uni, les syndicats sont officiellement dans le Labour, une conception différente du syndicalisme français indépendant. Le côté insulaire, le fait que le Royaume-Uni ne soit pas dans l’espace Schengen et leur exclusion de la monnaie européenne ont peut-être facilité la sortie, mais la « libre concurrence » ainsi que la casse des droits sociaux organisés par Bruxelles appellent un rejet massif des politiques libérales de la part des travailleurs.

29e convention Teamsters à Las Vegas

Après plusieurs visites de notre collègue Timothy Beaty, c’était à notre tour de rencontrer et de connaître nos interlocuteurs d’outre- Atlantique. Rendez-vous fut pris le 27 juin dernier.

L’International Brotherhood of Teamsters (IBT – Fraternité internationale des conducteurs) rayonne sur le continent (USA, Porto Rico, Canada, Québec) avec 1,6 million d’affiliés, majoritairement chez les routiers et les cheminots.
La convention se déroule tous les cinq ans pour élire le président et le trésorier secrétaire général et désigner les candidats responsables des secteurs géographiques. Ce 29e rendez-vous nous a permis de rencontrer nos collègues des filiales du Groupe SNCF (le Groupe possède 23 filiales sur le continent dont 7 au Canada soit 12 000 salariés) ainsi que nos collègues australiens du syndicat TWU avec qui nous renforçons les liens par l’intermédiaire des salariés de Keolis et Geodis en Australie (10 filiales).

Dans le cadre de la coopération internationale, la Fédération CGT travaille depuis trois ans au renforcement des syndicats dans de nombreuses filiales du groupe SNCF. Cela a permis de comprendre et tisser des liens forts avec leurs représentants. L’internationalisme est une valeur fonda- mentale de la CGT, les travailleurs où qu’ils soient doivent être respectés, d’autant plus quand ils appartiennent à des filiales d’un groupe public.

Les actions revendicatives et les propositions construites en commun font du syndicalisme international, une organisation indispensable de la lutte pour l’émancipation des travailleurs.

La Fédération des cheminots CGT y contribue en renforçant le droit des salariés dans les groupes Multinationaux (Transdev, RATP, SNCF, Eurotunnel, LSG Skynet, Wagons-lit, Newrest).

David Gobe, membre du bureau de l’ETF, membre du pôle fédéral Europe/Inter

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Les cheminots RUSSES en congrès

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La Fédération CGT des cheminots était invitée au 32e congrès du syndicat russe des cheminots et des constructeurs de matériel de transport (Rosprofzhel) du 22 au 25 mars 2016 à la maison de la culture des cheminots à Moscou. Avec 1,6 million d’adhérents, Rosprofzhel, créé en 1905, est un des plus importants et des plus anciens syndicats de Russie. Il fait partie de la Fédération des syndicats indépendants de Russie (FNPR) qui revendique pas moins de 17 millions d’adhérents. Affilié à ETF1 et ITF2, il regroupe les cheminots de la Compagnie nationale des chemins de fer russes (RJD) et de quelque 200 autres entreprises ferroviaires mais également de la construction ferroviaire. Fort de 93 % de syndiqués, de 600 conventions et accords collectifs, le syndicat est confronté à l’évolution de l’entreprise historique et à la privatisation du secteur ferroviaire. En effet, le libéralisme en oeuvre en Russie applique des recettes déjà éprouvées chez nous. Le gouvernement de Poutine use de la situation économique pour appliquer une stratégie de réduction des coûts illustrée par des fermetures de lignes et d’ateliers et bride l’augmentation des salaires. Bien que ceux-ci aient augmenté de 4 % (en 2015), ils ne suivent pas l’inflation qui a été elle, de 12 %. Le syndicat réclame l’indexation des salaires sur les prix, demande pour laquelle le ministre des Transports a annoncé un engagement du Président russe. Durant le mandat écoulé, Rosprofzhel a beaucoup oeuvré pour éviter une partie des licenciements consécutifs à la privatisation du secteur (dans certaines régions, des cheminots sont en chômage technique). Le syndicat compte néanmoins sur une reprise économique, après la crise de ces dernières années, qui redonnerait une dynamique au transport. Une autre des priorités du syndicat est l’attention particulière portée au respect des normes au travail et sur l’amélioration de la sécurité dans le ferroviaire afin d’endiguer les 30 décès enregistrés au travail chaque année. C’est sur ce mandat que Nikolay Nikiforov a été réélu président de Rosprofzhel.

Sylvain Esnault, secrétaire fédéral.

1. ETF : Fédération européenne des travailleurs des transports.
2. ITF : Fédération internationale des ouvriers du transport.

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ETF : pour la MIXITÉ et l’ÉGALITÉ

| Europe et service public

Les 12 et 13 avril 2016 s’est tenue à Bucarest (Roumanie), la Conférence des femmes de ETF1. Venues de toute l’Europe et représentant l’ensemble des organisations syndicales européennes du transport (aérien, ferroviaire, fluvial, maritime, routier, urbains, docks) affiliées à ETF, les militantes ont témoigné du quotidien des travailleuses de l’ensemble des secteurs du transport.

Au-delà des constats identiques sur les inégalités professionnelles entre femmes et hommes, (du nord au sud et d’est en ouest, elles vivent et rencontrent les mêmes difficultés), les militantes syndicales ont proposé des pistes de travail pour lutter contre les inégalités et déterminer les sujets prioritaires sur lesquels travailler les prochains mois afin de faire des propositions au sein de la Commission européenne. Pour l’ensemble des participantes, la première des priorités est de lutter contre les violences et le harcèlement, considérés par beaucoup d’entre elles comme un fléau. Au travail comme dans la vie, la violence n’est pas acceptable et les femmes qui travaillent dans le monde du transport, n’ont pas à la subir. Les organisations syndicales, les représentants du personnel sont légitimes pour intervenir et les faire cesser. Les autres priorités d’ETF et du Comité des femmes sont les suivantes :
• Lutter contre la violence et le harcèlement.
• Lutter pour les emplois décents et des promotions. Plusieurs exemples de dumping social ont été apportés, notamment avec des salariées et salariés des pays d’Europe de l’Est et Orientale, dont les employeurs sont en Europe de l’Ouest ou du Nord.
• Renforcer les modules de formation à destination des militantes et militants syndicaux : les femmes dans l’emploi et le monde du transport, les femmes dans les négociations collectives. Un module sur la santé et la sécurité des femmes au travail (élaboré par des médecins du travail, des syndicalistes et des spécialistes des questions de genre) est à venir.
• Lutter contre la ségrégation, renforcer la mixité et améliorer les conditions de travail.
• Renforcer l’attractivité des métiers du transport pour favoriser la mixité et l’égalité au travail.

Les femmes doivent s’organiser et se syndiquer pour être actrices de leur quotidien. Pas de syndicats forts sans elles. Elles y ont toute leur place !

Maryse Thaëron, membre du Collectif fédéral femmes et mixité.

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La DOUBLE PEINE des réfugiés

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Face aux populations qui cherchent refuge en son sein, l’Europe s’enferme dans une politique sécuritaire, quitte à piétiner les droits de l’homme.

Les guerres qui déchirent la Syrie, l’Irak, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen, le Nigeria, la Somalie ou le Soudan poussent une partie de la population à l’exode. Ces départs s’amplifient à mesure que les conflits s’enlisent. Lorsque ces personnes fuient les violences et les persécutions, elles aspirent à trouver une protection là où elles arrivent.

Pour l’essentiel, les réfugiés migrent à l’intérieur de leur propre pays ou dans des États limitrophes. À eux trois, le Liban, la Turquie et la Jordanie accueillent près de 4 millions de Syriens. Ainsi, seule une minorité tente sa chance vers l’Europe dans un voyage à haut risque par la mer. En 2015, plus de 2 000 d’entre eux y ont perdu la vie.

Le maelström européen

L’Europe s’avère incapable de s’accorder sur une politique humaine envers les réfugiés qui se présentent à ses frontières. Elle s’enferme dans une politique sécuritaire, surfant sur le contexte des attentats de 2015 en France, et s’oriente vers une révision des accords de Schengen au lieu de s’appuyer sur les outils législatifs existants. Parmi eux, le statut de réfugié, régi par la convention de Genève de 1951, adopté par 145 États, pose les bases juridiques de la protection des personnes persécutées.

En France, le droit d’asile, distinct des politiques migratoires, a quant à lui été sanctuarisé par la Constitution de 1958.

Par ailleurs, fermer les frontières n’aura aucun effet sur les départs et ne fera que rendre la migration plus dangereuse et alimenter le business des passeurs.

L’argument d’une vague incontrôlable, repris par l’extrême droite sous le vocable d’« invasion », ne décrit pas la réalité quant à la capacité d’accueil de la France. Avec 62 635 demandeurs d’asile, notre pays se situait, en 2014, en quatrième position derrière l’Allemagne, la Suède et l’Italie. Mais rapporté à sa population – un demandeur d’asile pour mille habitants –, il est en réalité huit fois moins sollicité que la Suède.

Il faut ajouter à cela un accès à l’asile de plus en plus restrictif : en 1973, le statut de réfugié était accordé dans 85 % des cas contre 17 % aujourd’hui.

Se souvenir

Pourtant, par le passé, face à d’autres situations tragiques, notre pays a su démontrer sa solidarité avec les peuples.

En 1939, plus de 450 000 républicains espagnols sont entrés dans l’Hexagone. Quarante ans plus tard, le pays des droits de l’homme recueille les boat people venant du Sud-Est asiatique. 130 000 Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens reçoivent alors l’autorisation de s’installer en France alors même qu’ils n’entrent pas dans le cadre fixé par la convention de Genève.

Les conflits que les peuples fuient sont pour la plupart alimentés par les politiques étrangères impérialistes de l’Occident. Ce sont toujours les travailleurs qui sont les premières victimes des guerres et des situations de pauvreté qu’elles engendrent. Le mouvement syndical a donc un rôle à jouer dans la recherche de la paix en s’attaquant aux sources de la misère, du désespoir, du chômage et en promouvant les cultures de la paix.

Les engagements CGT

La CGT est opposée à toutes formes de violence, engagée pour un monde exempt d’armes de destruction massive et prône le désarmement. Elle milite pour disposer d’institutions et de structures dédiées à la résolution non violente des conflits, ce qui suppose la dissolution de l’OTAN 1.

En outre, bien que rien ne puisse remplacer la légitimité démocratique des citoyens pour garantir la paix et la justice et la place du dialogue dans la résolution des conflits, la CGT rappelle l’importance du droit international et le rôle essentiel que joue l’ONU 2 dans la prévention des conflits, laquelle doit prédominer sur des interventions étatiques menées unilatéralement.

Sylvain Esnault, secrétaire fédéral.

1 OTAN : Organisation du traité de l’Atlantique Nord.
2 ONU : Organisation des Nations unies.

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