ODICEO, PROGRÈS OU FARDEAU ?
La CGT alerte depuis plusieurs mois sur les conditions de déploiement et de formation des ADC liées au nouvel outil Odiceo. Malgré nos interventions répétées lors de groupes de travail, les réponses apportées par la Direction restent insuffisantes. Nous rappelons que cet outil aura un impact direct sur les conditions d’exploitation et la sécurité des circulations à compter du 1er juillet.
DES FORMATIONS INCOMPLÈTES ET UN RISQUE POUR LA SÉCURITÉ FERROVIAIRE
Les JFC1 dispensées depuis janvier ont été réalisées avec des supports pédagogiques inadaptés et incomplets faces aux exigences qu’implique un tel changement sur l’exploitation ferroviaire. Ces formations auraient nécessité une manipulation réelle de l’application par les ADC pour en comprendre les mécanismes. Or dans la plupart des cas, ces formations se sont limitées à la présentation d’un simple support Powerpoint.
La maîtrise de telles évolutions ne peut se limiter à une simple présentation théorique. Pour la CGT, le recours au e-learning pour former à des procédures ayant un impact direct sur la sécurité ferroviaire doit être proscrit.
Nous revendiquons une formation complémentaire avec des mises en situation pra-tiques, des échanges avec les CTT formateurs ainsi qu’un accompagnement de proximité permettant une réelle appropriation des outils et des procédures.
De son côté, la Direction continue de se retrancher derrière une prétendue fiabilité du produit, tout en maintenant les procédures existantes (sticker).
DES QUESTIONS SANS RÉPONSE ET UN CALENDRIER DE DÉPLOIEMENT FLOU
L’histoire du déploiement de l’AUM, marqué par des retards de formation et de graves difficultés opérationnelles, semble se répéter. En effet, le déploiement d’Odiceo est repoussé au 1er juillet en raison d’un calendrier de formation des agents circulation qui s’étale, lui, jusqu’au 31 décembre 2026. Parallèlement, l’activation obligatoire d’Ares a déjà été reportée du 14 juin au 1er juillet.
Ce décalage pourrait différer, pour de nombreux ADC, l’application réelle de l’outil de plusieurs mois. De plus, nous ne connaissons pas, pour l’heure, les sites où le dispo-sitif sera réellement déployé.
En clair, les ADC vont travailler avec deux méthodes différentes de communication de sécurité avec les agents circulation pendant plusieurs mois sans pouvoir identifier les lieux où le dispositif sera réellement opérationnel.
UNE CHARGE COGNITIVE SUPPLÉMENTAIRE POUR LES CONDUCTEURS
Pour la CGT, Odiceo va ajouter une nouvelle couche d’interactions numériques à l’activité de conduite : notifications en temps réel, consignes à consulter et à valider, graphiques et courbes à analyser, gestion simultanée de la conduite et du système.
Cette superposition d’exigences accroît la charge cognitive des agents, génère davan-tage de stress et peut entraîner des conséquences sur la sécurité ferroviaire.
La Direction doit assumer ses responsabilités. La CGT refuse toute logique du « ça passe ou ça casse ! » en cas d’incidents ou dysfonctionnements qui résulteraient d’une appropriation insuffisante de cet outil, la responsabilité incomberait aux choix de l’entreprise en matière de formation et de déploiement, et non pas à l’ADC.
La CGT revendique :
- une journée complète de formation en présentiel dédiée à Ocideo et aux outils numé-riques ;
- le report du déploiement d’Odiceo tant que les conditions de formation et de sécurité ne sont pas réunies ;
- 5 journées de formation continue par an.
Pour la CGT, la sécurité ferroviaire doit rester une priorité absolue ! Les impératifs budgétaires ne doivent jamais primer sur la formation, la sécurité des circulations, les conditions de travail des cheminots et la qualité du service public.














