Fédération CGT des Cheminots


Rassemblement au Ministère des transports en soutien au « Train des primeurs » Perpignan-Rungis

Intervention CGT

| Le transport de marchandises

Cher·e·s Collègues,
Cher·e·s Ami·e·s,
Cher·e·s Camarades,
Mesdames et messieurs les élu·e·s,
Monsieur le président de la CNR,

Bravo à toutes et tous pour votre mobilisation nombreuse ce jour et merci d’avoir répondu à l’appel de la Fédération CGT des cheminots, de l’UIT, de l’URIF-CGT, de l’UD CGT 94 et de l’UL Rungis, car vous le savez, la CGT fait de la bataille pour ce train une mobilisation nationale et interprofessionnelle alors que les questions de climat sont une préoccupation majeure dans la période et particulièrement chez les jeunes, mais j’y reviendrai.

C’est toute La CGT qui entend sauver cette liaison ferroviaire « historique » et emblématique entre Perpignan et Rungis.

Si ce train est certes un symbole, son principal atout est qu’il présente de véritables potentiels de trafics, une pertinence économique, une nécessité sociale et écologique.

La mobilisation pour le sauver, depuis la fin mars et l’annonce de l’arrêt de l’exploitation de ce train au 30 juin, ne cesse de grandir et de rassembler largement, parfois au-delà des clivages politiques. Au 15 juillet, en fait, date de la fin de la saison haute, d’après ce que nous a confirmé le cabinet de la ministre ce matin.

Merci aux nombreuses et nombreux élu·e·s mobilisé·e·s, qui sont à nos côtés aujourd’hui.

Je ne vous citerai pas toutes et tous pour ne pas en oublier, avec un salut particulier aux élus des villes, territoires et département du Val-de-Marne et bien au-delà de notre département, notamment autour du collectif « sauvons le Perpignan-Rungis » à l’initiative du collectif des cheminots communistes. Ceux qui le souhaitent pourront nous dire quelques mots.

En ce moment même, un rassemblement se tient une nouvelle fois en préfecture des Pyrénées-Orientales, en simultanéité de notre rassemblement parisien, avec un appel très large à la mobilisation. Ils ont d’ailleurs été reçus par le Préfet la semaine dernière.

Malgré nos demandes répétées pour être à la table de discussion du groupe de travail, le refus du ministère demeure. C’est aussi la raison de notre rassemblement de ce jour.

Pour autant, nous avons été reçus ce matin par son directeur de cabinet. Rien de nouveau, au-delà du sujet technique et politique du train de primeur, nous avons pu échanger largement aussi sur le fret ferroviaire.

La mobilisation engagée n’est pas pour rien dans ce rendez-vous, d’autant que nous sentons le ministère pris sur ce dossier, à la fois par les politiques des transports menés par les gouvernements successifs depuis 2003, mais aussi par la non-acceptabilité sociale de l’annonce de l’arrêt de ce train et du transfert sur la route.

Cette mobilisation, il faut le souligner, est plutôt inédite pour défendre un train. Et encore plus pour défendre un train de marchandises.

Inédit, mais pas étonnant alors que se développent depuis plusieurs mois, notamment à l’appel de la jeunesse, et aujourd’hui dans un cadre bien plus large, des marches pour le climat dont la régularité s’accélère.

À chaque fois la mobilisation est importante dans ces manifestations. C’est un enjeu essentiel pour l’avenir même de l’humanité, un enjeu immédiat pour respirer de l’air pur etc., un champ d’intervention large nécessitant des politiques publiques fortes et des outils publics efficaces pour y parvenir !

L’exemple des transports, qui représente 60 % des émissions des gaz à effet de serre, est en cela un chantier colossal. Pour ce qui est plus spécifiquement du transport des marchandises, laissé à l’auto régulation du marché, on voit le résultat : c’est du tout camion !

La part modale routière ne cesse de croitre, celle du ferroviaire a baisser pour atteindre 7 %, elle était de 14 % en 2006, année de l’ouverture à la concurrence en France.

En cela, le capitalisme même maquillé en vert ne peut répondre aux besoins immédiats que nous impose l’urgence climatique.

Et ce qui se passe avec ce train est l’illustration à la fois des choix politiques pris pour le ferroviaire dans le pays, mais aussi des choix stratégiques pris par la SNCF quant à son activité fret.

Ce train, comme l’activité toute entière du fret SNCF, subit ces choix, avec une organisation hyper-rigidifiée, une séparation qui, au-delà de sa nature comptable, l’est sur toute la chaine de production, restant sur des niches et générant ainsi des coûts fixes plus importants.

Le site ferroviaire de Rungis, implanté au coeur du MIN, le plus grand d’Europe, je le rappelle, a vu son activité ferroviaire réduite ces dernières années : fermeture du chantier combiné, suppression du deuxième train en 2017, alors qu’un investissement important a été réalisé par les collectivités territoriales, comme le département du Val-de-Marne et la région Île-de-France, qui ont investi, il y a quelques années, en 2015 précisément, près de 20 millions d’euros pour moderniser la gare du MIN de Rungis.

Ces investissements avaient aussi été réalisés en partenariat avec la Semmaris et la SNCF afin d’assurer la pérennité d’une alimentation ferroviaire du MIN.

Dans cette desserte, la SNCF n’assure que la traction de ce train, le transporteur étant une alliance Rey/Rocca, le train au retour vers Perpignan est couplé à des wagons au porte-auto du Train Auto Couchette dont la fermeture du service est annoncée en décembre.

À ce titre, l’arrêt du service autotrain est tout aussi scandaleux. Il est l’illustration de l’abandon face à la route alors qu’à l’image des trains de nuits, le développement de la qualité de service et des moyens mis sur la recherche et le développement de la construction de voiture couchettes permettraient de réinventer un service économe, populaire et de qualité.

L’avenir du train des primeurs est conditionné à l’achat de nouveaux wagons ayant un coût de 25 millions d’euros que FRET SNCF ne veut pas supporter, alors qu’il y a de quoi charger deux trains par jour et cela six fois par semaine au départ de Perpignan Saint-Charles. Les cheminots du Matériel estiment qu’avec 15 000 € de réparation par wagon, ils pourraient rouler encore quelques années. Le ministère nous a dit ce matin que ce dernier argument va être approfondi.

À Perpignan, la plate-forme logistique de fruits et légumes Saint-Charles International est l’une des plus importantes d’Europe, avec ses 200 000 m² d’entrepôts climatisés.

Chaque année, ce sont 1,6 million de tonnes de fruits et légumes qui transitent par ce pôle (1 million au MIN de Rungis), représentant 31 % des entrées et 24 % des sorties de fruits et légumes du pays (hors bananes).

Si cette liaison venait à disparaître, cela représenterait l’équivalent de 25 000 camions supplémentaires/an sur nos routes avec des dégâts considérables, comme l’augmentation de la pollution, de l’accidentologie et de la congestion du réseau routier dont une A9 déjà saturée, avec plus de 9 000 camions/jour au point frontière du Perthus. 1 camion toute les 6 secondes sur l’A86 en Val-de-Marne. Sur l’emploi, la position centrale du marché Fruits & Légumes de Perpignan Saint-Charles pourrait être remise en question au profit de Barcelone, avec comme conséquences plus de 6 000 emplois supprimés dont plus de 3 000 emplois induits !

D’ores et déjà, la mobilisation engagée depuis mars a contraint Élisabeth Borne à annoncer la création d’un groupe de travail pour étudier les possibilités de maintien de ce train et envisager des solutions alternatives de desserte du MIN de Rungis par le celui de Perpignan Saint-Charles.

Le premier s’est d’ailleurs tenu le 24 mai dernier, jour où étaient rassemblées 300 personnes à Perpignan et une centaine à Rungis.

Guillaume Pepy se répandait la même semaine sur tous les plateaux pour promettre des millions et des millions. Un communiqué même du groupe SNCF sur ses comptes trimestriels se vantant de la progression du CA d’ERMEWA, sa filiale gestionnaire d’un parc de 45 000 wagons, dont les 80 du train Perpignan Rungis. Sylvie Charles, Directrice du pôle Transport de Marchandise du groupe SNCF et ancienne directrice du FRET SNCF, est pourtant arrivée au ministère ce jour-là les poches vides.

Sur les wagons, outre la nécessaire recherche à développer par l’industrie ferroviaire nationale, des adaptations des containers réfrigérés existant sont possibles.

En attendant, la CGT réaffirme avec force qu’avec une maintenance adéquate et adaptée, la durée de vie des wagons pourrait être rallongée, à l’instar des voitures corail qui ont plus de 40 ans, comme les wagons réfrigérés du train primeur ! Un investissement bien moindre et permettant de maintenir, le temps d’une solution neuve, la liaison ferroviaire directe.

À titre de comparaison, une rame TGV neuve de nouvelle génération coute aujourd’hui 20 millions.

Le 3 juin dernier, veille de la grande manifestation nationale des cheminots qui a rassemblé 15 000 cheminots, nous nous sommes invités avec une quarantaine de cheminots parisiens et perpignanais pour transmettre à la direction du fret SNCF les plus de 20 000 pétitions recueillies exigeant le maintien du train et le retour du deuxième.

Le plus dramatique, c’est que face à nos arguments, nous ne trouvons pas de contradictions par la direction SNCF. Nos arguments, nos propositions, ont un écho plutôt favorable dans la population. Qui ne souhaite pas aujourd’hui avoir moins de camions sur les routes ? Encore faut-il démanteler les idées reçues, que ce soit sur la concurrence, sur les autoroutes ferroviaires etc.

Je prendrais un exemple très récent sur la concurrence dans le rail. Fret SNCF a remporté un marché entre Gardanne et Miramas, précédemment assuré par ECR, filiale de la DB. Mais comme le sillon avait été réservé par ECR, le marché, au final, n’a pas pu être assuré par le fret SNCF. Voilà l’absurdité de la concurrence dans un système guidé comme le rail. Mais il y en a d’autres, j’y reviendrai.

Une nouvelle fois, la SNCF pousse son projet d’autoroute ferroviaire Barcelone/Perpignan/Paris(Rungis) avec nombre de questions et d’objectifs contradictoires. En effet, quel avenir pour le site de Perpignan avec un projet qui vise en fait à développer le site de Barcelone en menaçant plusieurs milliers d’emplois sur le bassin d’emploi de Perpignan ?

Quel intérêt d’amener des camions dans le MIN alors qu’il est directement relié au rail, si ce n’est d’avoir un point de desserte pour alimenter l’Ile-de-France par camion au coeur d’un noeud autoroutier surchargé ?

Il faut démonter l’idée que l’autoroute ferroviaire, ce que le grand public appelle ferroutage, serait l’avenir du transport ferré de marchandises. C’est avant tout du transport de camion, pas du transport de marchandises.

Pour la CGT, si les autoroutes ferroviaires peuvent avoir de la pertinence sur certaines liaisons, notamment en franchissement de contraintes géographiques, en complément aussi de dessertes lourdes, l’alimentation du MIN avec cette technique n’est pas sérieuse en matière d’organisation de la production sur le plan industriel et économique ! Ce n’est d’ailleurs pas la demande des acteurs économiques locaux.

Pour ce qui est de la proposition d’une liaison entre Perpignan et le chantier multimodal de Valenton par FROIDCOMBI : outre l’incapacité du chantier de Valenton à pouvoir développer de nouveaux trafics, qui ne sont pas assurés, ERMEWA a assuré que les wagons frigorifiques ne seraient plus aptes à la circulation à 140 à partir décembre 2019. Annonce faite en décembre 2018 alors que le délai de livraison pour ce type de wagon est de 2 ans et demi. La seule solution serait de réduire la vitesse du train à 120 et d’augmenter le délai d’acheminement de 4h. Cette proposition n’est donc pas viable.

Pour la CGT, à partir de ces éléments, qui illustrent l’aberration de l’organisation du système ferroviaire national éclaté depuis la mauvaise réforme de 2014, c’est bien toute la stratégie du fret qui doit être revue, c’est pourquoi nous exigeons :

  • Le maintien du train des primeurs et la remise en circulation du second train supprimé en 2016, l’investissement nécessaire à la rénovation et au remplacement à terme des wagons nécessaires au trafic ;
  • Le respect des engagements issus du grenelle de l’environnement en déclarant ce train « d’utilité publique » ou « d’intérêt national » ;
  • Un plan de développement pérenne du transport de marchandises par FRET SNCF au départ de Perpignan Saint-Charles ;
  • Une démarche commerciale volontariste et ambitieuse permettant le développement du transport de marchandises par FRET SNCF en direction du MIN de Rungis et, au-delà, des MIN du pays en liaison avec les ports ;
  • Cela passe nécessairement par la réouverture des chantiers multimodaux de Perpignan et Rungis.

Les perspectives de développement sont importantes et les techniques ferroviaires variées pour répondre aux besoins des chargeurs, des collectivités, de l’intérêt général. C’est pourquoi, nous demandons à participer à ce groupe de travail qui se réuni cet après-midi pour y porter notre analyse, nos propositions, au service de la réflexion collective pour un véritable report modal dans notre pays.

Nous le réaffirmons avec force, les experts du ferroviaire, c’est nous ! Notre place cet après-midi est à la table de discussion !

Car ce train illustre aussi, je le disais au début de mon intervention, ce qu’est la politique des transports dans ce pays et la stratégie du fret SNCF : un outil public sabordé depuis 2003, condamné en 2006 parce que M. De Rugy semble méconnaitre vu ses propos dans l’hémicycle il y a quelques jours : l’ouverture généralisée à la concurrence dans le fret ferroviaire.

Le pacte ferroviaire n’ouvre pas à la concurrence pour le fret. Le fret l’est depuis mars 2006. Et le bilan est catastrophique. De 55 GTK transportés en 2000, nous en sommes rendus à moins de 20GTK en 2018, alors que les besoins de transports augmentent, alors qu’une quinzaine d’entreprises ferroviaires privées sévissent sur le territoire national. De 14 % de part modal, on est en recul constant depuis pour atteindre 7 % aujourd’hui. 5 triages seulement en France, un parc wagons et un parc locomotives réduits drastiquement, des effectifs divisés par 3 en 10 ans.

La concurrence n’est pas la solution, elle est le problème, dont découle en plus la stratégie d’entreprise dont le train Perpignan-Rungis est l’illustration.

Elisabeth Borne doit aujourd’hui contraindre la SNCF à investir dans les wagons nécessaires pour assurer la liaison, la maintenir avant de la développer et attribuer pour cela le monopole d’exploitation entre les deux MIN.

D’autant qu’au regard des éléments chiffrés et transmis par différents acteurs, le train serait 3 fois moins cher que le camion sur cette liaison. Si les transporteurs ne veulent plus faire de train, le ministère doit contraindre la SNCF à assurer elle-même la démarche commerciale pour remplir les trains avec les acteurs volontaires. Et comme le train ne peut arriver dans chaque maison, le groupe SNCF, et notamment toute la logistique SNCF GEODIS, doit servir à assurer le transport de bout en bout en faisant du rail le maillon essentiel.

C’est la première étape. Et il faudra aller plus loin. D’autres pays, pourtant fervents défenseurs de la concurrence libre et non faussée dans le ferroviaire, s’en affranchissent, c’est le cas de l’Autriche qui subventionne directement le wagon isolé, c’est le cas de l’Allemagne qui a divisé par 2 le prix des sillons pour le FRET permettant à DB Cargo (l’équivalent de FRET SNCF en Allemagne) de dégager des moyens pour renouveler son parc wagon vieillissant.

C’est bien une question de choix politique ! Tout comme le financement tant des infrastructures que de l’exploitation.

Pour reprendre le chemin du développement pour le fret ferroviaire, il faut redonner à l’outil public qu’est la SNCF les moyens d’y parvenir en déclarant le wagon isolé d’intérêt général et viser une politique de volume irrigant tout le territoire. Il faut que la SNCF s’organise pour mutualiser les moyens de production et non les séparer. Développer le fret ferroviaire, c’est aussi développer l’industrie ferroviaire dans le pays, que ce soit pour les locomotives ou les wagons, mais c’est aussi pérenniser des lignes peu fréquentées, c’est aménager le territoire et aider au développement industriel, c’est aussi réhumaniser des gares.

Cher·e·s Collègues, Cher·e·s Ami·e·s, Cher·e·s Camarades,

On est toujours là et nous l’avons prouvé massivement le 4 juin dernier en manifestant contre le pacte ferroviaire voté il y a un an, contre ses effets pour les usagers, les cheminots.

Notre mobilisation se poursuit donc, s’ajoutant aux multiples initiatives et actions des cheminots dans tous les établissements, contre les déstructurations d’établissements, la désorganisation de la production, la remise en cause de nos droits, contre la répression et la violence sociale qui s’exercent dans l’entreprise. Elle se poursuit avec le rassemblement du 2 juillet prochain à Saint-Denis, pour nos salaires, et la construction d’une mobilisation d’ampleur pour le service public ferroviaire.

Le fret en est un pilier essentiel, c’est l’affaire de toutes et tous ! C’est pourquoi, au-delà de la mobilisation pour ce train, la CGT va réinvestir le sujet du fret ces prochaines semaines et prochains mois en répertoriant les MIN existants sur le territoire national, les potentiels de développement, la convergence avec les ports et en cela l’expertise menée sur le sujet par le CE Fret il y a quelques années est à réactualiser.

Pour le service public ferroviaire, efficace, économe et écologique, on est encore toujours là !

SECTEURS FEDERAUX CGT DES CHEMINOTS D’ILE-DE-FRANCE  – URIF CGT – UIT CGT – UD CGT 94 – UL RUNGIS

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AMV : La CGT obtient une première avancée !

| Le transport de marchandises

Depuis plusieurs années, la CGT ne cesse d’exiger de la Direction qu’elle reconnaisse à leur juste valeur les cheminots titulaires de l’ancien examen « Agent Mouvement » (AMV), un examen exigeant qui attestait d’un haut niveau de qualification ! Concrètement, la CGT revendique le passage à la classe 4 de tous les titulaires de l’AMV !

Sans satisfaire la revendication portée, la Direction est tout de même con­trainte de concéder une avancée à travers une mesure dite « exception­nelle ». Les cheminots concernés bénéficieront donc de l’attribution de la classe 4 six mois avant leur départ à la retraite ou leur mise à la réforme, à condition d’être toujours sur la classe 3 au moment du départ et d’être toujours salarié d’Hexafret.

Pour la CGT, cette mesure constitue une première avancée mais elle de­meure largement insuffisante ! Pourquoi attendre les six derniers mois de carrière pour reconnaître à sa juste valeur le niveau de qualification acquis, parfois depuis plusieurs décennies ?

Les titulaires de l’AMV ont par ailleurs exercé des responsabilités impor­tantes durant toute leur carrière et ont participé au fonctionnement quotidien de l’entreprise à l’appui de cette qualification. Ils sont en droit de bénéficier d’un véritable déroulement de carrière comme d’un parcours professionnel tout au long de leur vie active, qui leur est toujours refusé à ce jour !

LA CGT CONTINUE LE COMBAT ET REVENDIQUE :

  • la reconnaissance à sa juste valeur de l’examen d’AMV ;
  • la fin des blocages artificiels des déroulements de carrière par un véri­table accès à la classe 4 pendant la carrière ;
  • une politique de reconnaissance des qualifications fondée sur les di­plômes, les formations qualifiantes et l’expérience acquise, non sur des contraintes budgétaires.

Cette mesure démontre une nouvelle fois qu’aucune avancée sociale ne tombe du ciel. Sans l’intervention de la CGT, les titulaires de l’AMV seraient restés totalement oubliés.

Cette première victoire doit maintenant ouvrir la voie à une reconnaissance beaucoup plus large de l’ensemble des qualifications des cheminot·e·s.

LA CGT NE LÂCHERA RIEN !
LA RECONNAISSANCE DES QUALIFICATIONS N’EST PAS UNE FAVEUR, C’EST UN DROIT !

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LES ADC D’HEXAFRET AURONT DROIT À LA MÊME PRIME TRACTION QU’À VOYAGEURS !

| Le transport de marchandises

Présentée comme un groupe de travail conclusif sur la prime traction et l’organisation du service annuel, cette réunion a surtout confirmé que les décisions étaient déjà arrêtées par la direction, sans aucune marge de discussion.

La direction annonce appliquer les mesures issues des négociations Voyageurs avec effet rétroactif au 1er janvier 2026 et toujours sans tenir compte des spécificités du fret ferroviaire. Pour rappel, voir les mesures ci-dessous :

 

Avant Après
Sécurisation de la prime traction
  • J1 : carence
  • J2 à J11 : taux socle (CRL 20,62 €/CRML 19,03 €)
  • J 12 : calcul avec un quotient 480 sur les 12 derniers mois ou taux socle (CRL 20,62 €/CRML 19,03 €)
  • J1 : carence
  • J2 à J6 : taux socle (CRL 20,62 €/CRML 19,03 €)
  • J 7 : calcul avec un quotient 480 sur les 12 derniers mois ou taux socle (CRL 20,62 €/CRML 19,03 €)
Amélioration de la prime de base garantie Paiement pour 20 jours de travail : 705 €. Paiement pour 20 jours de travail : 745 €
Journée SU (sans utilisation)
  • 1er au 3e SU du mois civil payés au taux C : 15,54 € + PNS 5,83 €, soit 21,37 €
  • 4e SU du mois civil payé autaux A : 25,89 € + PNS 5,83 €, soit 31,72 €
  • 1er SU du mois civil payé au taux C : 15,54 € + PNS 5,83 €,soit 21,37 €
  • À partir du 2e SU du mois civil, payé au taux A : 25,8
Revalorisat° de la présence horaire au 01/01/26
  • Pas de paiement dès la 1re minute
  • Taux 2 : 1,11 € de la 3e àla 5e heure
  • Taux 1 : 1,90 € au-delà de la 5e heure
  • Paiement dès la 1re minute• Nouveau taux 2 : de 0 à 5 heures : 0,48 € par heure
  • Taux 1 revalorisé à 2,85 €au-delà de la 5e heure
Simplification de la prime traction Redressement de l’acompte congés en mars avec rappels sur salaire.

L’acompte congés est remplacé par la prime congés, calcul mensuel basé sur la moyenne des 12 derniers mois glissants.

+ Confirmation de la modification des documents ADC : fiche PT, état 113, état 31

Dans le même temps, elle maintient la mise en place de deux adaptations (avril et septembre) en plus du changement de service annuel, mais en garantissant un déroulé de grille de RP annuels (l’adaptation de septembre passera en commission roulement au mois de juin).

La délégation CGT, avec les autres organisations syndicales, a rappelé clairement son positionnement. Nous refusons que l’évolution de la prime traction soit conditionnée à des modifications de l’organisation du travail. Sur le terrain, la situation est tout autre, les roulements évoluent en permanence, les journées sont modifiées et les agents n’ont plus de visibilité sur leur organisation personnelle. Les congés sont difficilement accordés, les compteurs gonflent, les demandes de temps partiel sont refusées et les ADC assurent la production dans des conditions de plus en plus dégradées, ce qui engendre une augmentation de la souffrance au travail, déjà bien élevée suite à la procédure de discontinuité.

Ce sont nos conditions de travail, notre santé, notre vie personnelle et nos conditions de rémunération qui sont dans la balance !

Pour maintenir l’activité, la direction a recours à une multitude de conducteurs extérieurs avec des niveaux de rémunération nettement supérieurs à ceux des agents d’Hexafret. Cette situation crée un écart difficilement compréhensible et difficilement justifiable pour les agents qui assurent quotidiennement la production dans un contexte très difficile. De plus, cela a un coût économique très élevé pour l’entreprise.

La CGT constate une gestion qui repose essentiellement sur l’adaptation permanente et la flexibilité, sans réponse structurelle sur les effectifs et sans reconnaissance du travail accompli chaque jour.

La CGT porte des exigences claires :

  • une reconnaissance réelle du travail des conducteurs,▪des effectifs en adéquation avec la charge dans le respect de la réglementation,
  • le respect des droits des agents notamment sur les congés,
  • une dissociation claire entre rémunération et organisation du travail,
  • une prise en compte concrète des spécificités du fret dans le calcul de la prime traction.

LES AGENTS DE CONDUITE NE PEUVENT PAS ÊTRE UNE VARIABLE D’AJUSTEMENT PERPÉTUELLE.

 

LA CGT CONTINUERA DE PORTER CES REVENDICATIONS ET D’AGIR
POUR OBTENIR DES AVANCÉES QUI BÉNÉFICIERONT
À TOUS LES ADC D’HEXAFRET !

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NOUVELLES TABLETTES DES OPF :

Hexafret choisit le bas de gamme !

| Le transport de marchandises

Lors de la CSSCT du 3 février dernier, la direction a présenté le renouvellement des tablettes utilisées par les agents au sol d’Hexafret. Ces tablettes sont devenues un outil de travail quotidien pour près de 1500 agents qui s’en servent pour Digifret, Digidoc ou PMF et de plus en plus d’applications numériques que l’entreprise prévoit encore de mettre en production comme le eBF ou « le prêt au départ ».

Autrement dit, cet outil devient central dans le travail journalier des OPF. C’est avec cette tablette que les agents travaillent au quotidien sur le terrain parfois sous la pluie, parfois dans le froid, parfois dans des conditions difficiles avec une tablette grand public premier prix ; la direction a fait un choix clair : celui du bas de gamme.

La tablette retenue est une Galaxy Tab A11+, un modèle choisi principalement parce qu’il est le moins cher dans la grille de sélection utilisée par l’entreprise.

Encore une fois la logique est toujours la même chez Hexafret. Chercher l’économie avant de chercher l’efficacité du travail. Mais surtout sans tenir compte de l’avis des utilisateurs ni des membres CGT de la CSSCT.

Les agents, eux, utilisent cet outil toute la journée. Ils ont besoin d’un matériel fiable et robuste avec une batterie qui tient réellement la journée et un équipement capable de supporter les applications actuelles et celles qui arriveront dans un très proche avenir. Au lieu de cela la direction fait le choix d’un matériel standard, peu robuste, moins adapté aux conditions de terrain alors même que d’autres modèles plus solides mais surtout plus professionnels existaient dans les tests. La solution miracle pour nos têtes pensantes, fournir une batterie additionnelle !

Pour la CGT ce choix est révélateur du mépris persistant pour le travail réel des OPF et des cheminots d’Hexafret en général. Quand on équipe les agents avec du matériel au rabais, il ne faut pas s’étonner ensuite des difficultés sur le terrain.

Quand l’entreprise investit au minimum dans les outils de travail elle envoie un message clair sur la considération qu’elle porte aux agents qui font tourner l’exploitation au quotidien.

Un outil de travail au rabais empêche un travail de qualité !

Les agents méritent mieux que cela. Ils méritent des outils fiables dignes du travail qu’ils accomplissent chaque jour. La CGT continuera à porter la voix des agents et à dénoncer les choix qui privilégient l’économie immédiate plutôt que les conditions de travail.

Les agents méritent mieux que cela.
Ils méritent des outils fiables dignes du travail qu’ils accomplissent chaque jour.
La CGT continuera à porter la voix des agents et à dénoncer les choix qui privilégient l’économie immédiate plutôt que les conditions de travail.

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EFFECTIFS CONDUITE : LA DIRECTION MINIMISE, LES CHEMINOTS SUBISSENT !

Hexafret

| Le transport de marchandises

Reçue en audience, la Fédération CGT des cheminots a dénoncé l’opacité sur les chiffres réels des effectifs voulue par la direction d’Hexafret.

Face à la dégradation des conditions de travail et de la production, la CGT exige une transparence totale et un plan d’embauche immédiat pour que le nombre d’agents de conduite corresponde enfin à la charge de travail réelle !

La CGT avait sollicité cette audience afin d’obtenir un état des lieux précis de la situation des effectifs conducteurs (TA et TB) et leur adéquation avec la charge de travail au sein d’Hexafret.
Or, en refusant de transmettre des documents chiffrés détaillés, la direction empêche toute analyse sérieuse de la situation. La CGT dénonce une stratégie du flou. Pour garantir l’avenir de nos emplois, la transparence n’est pas une option, c’est une nécessité.

DES EFFECTIFS SOUS TENSION : LA DIRECTION JOUE AVEC LES CHIFFRES !

La direction reconnaît une augmentation de la charge de travail et des inaptitudes pour 2026. Face à ce constat, elle annonce un besoin de 645 conducteurs TB (contre 630 initialement). Mais en se contentant d’un calcul global « France entière », elle ignore les tensions réelles qui pèsent sur chaque résidence.

Pour la CGT, ces tensions en effectif impactent la couverture des trains et l’organisation du travail. En découlent des difficultés de production qui apparaissent concrètement dans les résidences : construction des roulements, couverture quotidienne des trains, organisation des congés, gestion des remplacements….

DES MESURES D’AJUSTEMENT, MAIS PAS DE SOLUTION DURABLE

La direction évoque plusieurs dispositifs pour faire face aux tensions : recours aux conducteurs agiles, détachements temporaires, mobilité interne ou optimisation des roulements. Elle annonce également le détachement temporaire de 15 conducteurs en provenance de TER et l’ouverture de nouvelles écoles de formation.

Une seule solution pérenne : l’embauche revendiquée par la CGT de 40 conducteurs minimum !

Par ailleurs, la CGT exige :

  • Une transparence complète sur les effectifs réels par résidence ;
  • La communication des projections de départs, recrutements et formations ;
  • La communication de tous les éléments utiles au calcul de l’ACR ;
  • La mise en place d’un plan durable d’anticipation des effectifs.

À l’heure où la direction du GPU SNCF compte remettre en cause les conditions sociales de l’ensemble des cheminots, la CGT appelle les cheminots à se tenir prêts.

TOUS ENSEMBLE POUR GAGNER NOS REVENDICATIONS !

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LA DIRECTION VEUT NOUS FAIRE PAYER LES « AVANCÉES » OBTENUES À VOYAGEURS !

Prime Traction à Hexafret

| Le transport de marchandises

Le 26 février, une délégation CGT a été reçue par la Direction dans le cadre d’un groupe de travail sur la prime traction et l’organisation du service annuel. Derrière les annonces présentées comme des « améliorations », la Direction tente en réalité d’imposer un marché inacceptable aux conducteurs Hexafret : des mesures sur la prime traction en échange de plus de flexibilité et de modifications de nos journées de service.

LA DIRECTION VEUT IMPOSER UN PACKAGE : PRIME TRACTION CONTRE ENCORE PLUS DE FLEXIBILITÉ !

La Direction souhaite appliquer à Hexafret les mesures issues de Voyageurs mais pose une condition : accepter deux adaptations obligatoires du service par an, des mesures salariales pour encore plus de désorganisation vie professionnelle–vie per-sonnelle. Même si la grille de repos annuelle semble acquise, la Direction s’octroie encore une fois le droit de pouvoir la modifier en organisant des commissions roulements si elle le juge nécessaire. Il n’y en a jamais assez !

LA CGT REFUSE CE CHANTAGE ! LES CONDUCTEURS HEXAFRET NE SONT PAS DES VARIABLES D’AJUSTEMENT !

La CGT a rappelé que nous n’avons pas été conviés aux discussions. Jamais nous n’avons pu exprimer les besoins des agents d’Hexafret. Pire, les quelques euros négociés l’ont été en prenant en compte les mesures salariales Groupe pour les-quelles Hexafret est exclu ! Pour la CGT, la coupe est pleine. Le mépris doit cesser immédiatement.

La délégation CGT a rappelé sa disponibilité pour discuter des sujets, dans une volonté d’avancer et d’améliorer les conditions de vie au travail des cheminots d’Hexafret. L’adaptation dont font preuve les ADC d’Hexafret tous les jours permet à l’entreprise de prospérer, et malgré l’absence de reconnaissance, ce système tient : des changements quotidiens dans les journées de service tolérés, acceptés, mais jusqu’à quand ? La Direction est montée d’un cran dans le mépris. La CGT lui a demandé de revoir immédiatement sa position.

Pour la CGT, les modifications fréquentes des journées de service, la désorganisation permanente de la vie personnelle, le travail de nuit important et le manque d’effectifs chronique avec des calculs d’ACR (adéquation charge-ressources) faux sont autant de points de crispation à rapidement discuter. Ajouter à cela 15 ADC du TER mis à disposition pendant quelques mois avec des conditions salariales très avantageuses, et la situation devient encore plus tendue socialement.

Le vrai problème, ce n’est pas le nombre d’adaptations. Le vrai problème, c’est le manque d’effectifs et la désorganisation de la production actuelle. Sans compter le manque de locomotives, alors que la braderie sur Agorastore (site d’enchères en ligne) des locomotives les plus récentes continue !

Nous avons aussi rappelé à la Direction qu’il y avait des problématiques sur la prime traction qui ne concernaient que les ADC du fret, comme la revalorisation de la prime « grand axe » ou une meilleure revalorisation de la conduite de nuit.

LA PRIME TRACTION N’EST PAS UNE MONNAIE D’ÉCHANGE !

La CGT a été claire : les avancées obtenues à Voyageurs sur la prime traction doivent s’appliquer à Hexafret sans contrepartie sur l’organisation du travail et sans dégradation des conditions de vie au travail des ADC d’Hexafret. La CGT a des propositions et notamment un projet complet de prime traction plus lisible et plus protectrice pour les ADC !

À l’heure actuelle, aucun accord n’a été trouvé. La Direction maintient sa position. Souhaitons qu’elle évolue rapidement. La CGT poursuivra les échanges et continuera à défendre les droits et les conditions de travail des conducteurs Hexafret. La prochaine réunion conclusive est prévue le 17 mars prochain !

 

ENSEMBLE, NE LAISSONS PAS LA DIRECTION
IMPOSER TOUJOURS PLUS DE FLEXIBILITÉ !

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HEXAFRET : DES EFFECTIFS EN BAISSE, ET DES CONDITIONS DE TRAVAIL QUI SE DÉGRADENT !

| Le transport de marchandises

Rien ne change. Après un passage à marche forcée vers Hexafret, la situation sociale continue de se détériorer. Malgré une communication rassurante et des recrutements en nombre important annoncés, les effectifs diminuent, la charge de travail augmente et le mal-être s’installe durablement.

DES EFFECTIFS QUI CONTINUENT DE BAISSER MALGRÉ LES RECRUTEMENTS !

Depuis le transfert massif des agents de Fret SNCF vers Hexafret au 1er janvier 2025, la direction tente de présenter une situation stabilisée. Les chiffres démontrent pourtant l’inverse. Les recrutements ne compensent pas les départs, et les effectifs disponibles continuent de reculer dans de nombreux métiers essentiels, en particulier chez les conducteurs et dans les métiers des fonctions transverses.

Démissions, ruptures conventionnelles, fins de contrats et difficultés d’intégration se multiplient. On embauche, mais on perd presque autant d’agents dans le même temps. Cette instabilité permanente empêche la constitution de collectifs de travail solides et accentue la surcharge de travail pour les agents en poste.

UNE ATTRACTIVITÉ EN FORTE CHUTE !

Pour la CGT, ces départs ne sont pas le fruit du hasard. L’attractivité d’Hexafret est aujourd’hui très faible. La perte du statut, des rémunérations insuffisantes par rapport au cout de la vie, des perspectives de carrière limitées et des conditions de travail dégradées éloignent durablement les candidats et poussent les agents à quitter l’entreprise.

Certains métiers clés restent durablement vacants, mettant en tension l’ensemble de la production. Cette situation nourrit un cercle vicieux, moins d’effectifs, plus de pression, davantage de fatigue, et donc encore plus de départs.

DES FORMATIONS QUI METTENT LES SALARIÉS EN DIFFICULTÉ !

La direction communique sur l’effort de formation, mais la réalité du terrain est toute autre. Les parcours sont souvent raccourcis, mal accompagnés et insuffisamment sécurisés. Les taux d’échec, notamment chez les OPF et les conducteurs, sont élevés, et les abandons en cours de formation se multiplient.

Pour la CGT, ces échecs ne sont pas liés aux agents mais à des choix organisationnels hasardeux. Là encore, ce sont les agents en poste qui subissent les conséquences, avec une charge de travail accrue et une pression permanente pour compenser les manques.

DES CONDITIONS DE TRAVAIL QUI SE DÉGRADENT PARTOUT !

Les indicateurs sociaux sont alarmants. L’absentéisme progresse, y compris au siège. L’accidentologie repart à la hausse, en fréquence comme en gravité. Le climat social est marqué par l’inquiétude, le stress et l’incertitude.

Les réorganisations successives, comme « PADOVA phase 2 » pour le siège, désorganisent profondément les collectifs et donnent le sentiment d’une restructuration permanente, sans vision claire ni perspectives à moyen terme pour les agents.

UNE PÉNIBILITÉ TOUJOURS NIÉE !

La pénibilité reste une réalité quotidienne pour de nombreux agents, mais elle demeure largement ignorée par la direction, notamment en fin de carrière.
Tant que la pénibilité ne sera pas reconnue pour tous les métiers concernés, les arrêts maladie, l’absentéisme et les départs continueront d’augmenter. On ne peut pas construire une entreprise durable en fermant les yeux sur la santé des agents.

DES INJUSTICES SALARIALES QUI PERDURENT !

Les premières données communiquées confirment l’existence d’écarts de rémunération importants entre statutaires et contractuels, mais aussi entre agents occupant des fonctions comparables. Ces différences découlant d’une classification de Branche régressive, ne sont ni clairement expliquées ni justifiées.
Pour la CGT, le principe est simple, à travail égal, salaire égal. L’opacité salariale alimente le sentiment d’injustice et affaiblit encore la confiance des agents envers la direction.

La CGT a voté contre lors de cette consultation sur la politique sociale marquée par baisse continue des effectifs, la perte d’attractivité, la dégradation des conditions de travail, la non-reconnaissance de la pénibilité et les injustices salariales.

Ce vote contre est un signal clair adressé à la direction, la situation sociale d’Hexafret exige des mesures immédiates, ambitieuses et durables.

Hexafret ne se construira pas sur le dos des agents.
La CGT continuera d’exiger des effectifs suffisants, des conditions de travail dignes,
la reconnaissance de la pénibilité, des rémunérations justes, une vraie politique de formation
et des perspectives professionnelles claires.

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RÉSULTAT FINANCIER HEXAFRET, UNE SITUATION EN TROMPE L’ŒIL

Fret

| Le transport de marchandises

La consultation annuelle sur la situation économique et financière de l’entreprise est, pour la direction, l’occasion de mettre en avant de bons résultats.

Pourtant, l’analyse de la CGT dresse un tout autre constat et révèle de fortes fragilités dans le modèle économique d’Hexafret.

Pour la CGT, le bilan d’ouverture d’Hexafret met en évidence une structure déjà fragilisée : une trésorerie nettement insuffisante, des capitaux propres faibles et des provisions pour risques anormalement élevées, notamment 28 millions d’euros hérités de Fret SNCF.

Le choix du « cash-pooling » (une gestion centralisée de la trésorerie avec les 92 filiales du groupe SNCF) n’est guère rassurant. Il illustre l’absence d’autonomie financière d’Hexafret et sa forte dépendance au Groupe ; d’autant plus que ce n’est pas directement Hexafret qui a contractualisé avec le Groupe, mais RLE, devenant ainsi le point d’entrée pour préparer l’arrivée d’un potentiel nouvel actionnaire.

Cette fragilité initiale se retrouve dans le budget 2025, qui n’est équilibré qu’au prix d’éléments extérieurs exceptionnels et non durables. Les aides publiques au wagon isolé (environ 80 millions pour 2025, auxquels s’ajoutent quelques millions de reliquat 2024 liés à Fret SNCF), la prise en charge du T2 par le Groupe (8,6 millions d’euros pour le premier semestre), ainsi que les trafics résiduels du combiné et des autoroutes ferroviaires encore sous-traités, masquent une réalité préoccupante. Sans ces soutiens, dont la plupart ne sont pas pérennes, Hexafret serait incapable d’atteindre ses engagements de rentabilité.

Parallèlement, un flou persiste autour de la gestion des biens issus de Fret SNCF, désormais devenu C32. Les élus du CSE ne disposent d’aucune information permettant de suivre les décisions, alimentant de fortes inquiétudes quant à la transparence du processus. Pourtant, des opérations telles que la vente des locomotives sont pilotées par Hexafret et RLE, qui disposent bien des informations… mais l’omerta demeure.

Pour le premier semestre, en retrait de –0,4 %, notamment en raison d’un marché de la chimie atone et d’une baisse de la sidérurgie et, plus préoccupant encore, d’une décroissance avec Arcelor ; les charges de personnel, en baisse de plusieurs millions d’euros par rapport au budget ; Pour la CGT, ces chiffres confirment les craintes exprimées dès l’origine : le modèle économique repose essentiellement sur la réduction des effectifs, tandis que la politique commerciale, centrée sur un meilleur remplissage des trains, ne peut réussir qu’avec une véritable stratégie de développement du marché et un report massif de la route vers le rail.

Or, les chiffres montrent que ce report modal bénéficie quasi exclusivement au combiné, un marché dont Hexafret est exclu pour une décennie. Sur le premier semestre, seuls 5,9 GTK ont été réalisés alors que le marché connaît une très légère croissance.

Pour la CGT, il est indispensable d’obtenir la réduction du « BAN » (bannissement) de 10 à 5 ans afin de permettre à Hexafret de se repositionner sur le segment le plus porteur, comme l’a proposé la dernière Commission parlementaire fin 2023.

Le budget 2026 a été présenté en Conseil d’administration le 11 décembre. La direction a refusé tout commentaire en CSE, mais confirme que les suppressions de postes se poursuivront en 2026. Selon la directrice financière, le budget 2026 a été construit « avec prudence ». Les élus CGT du CSE ont voté contre cette orientation financière.

La Fédération CGT des cheminots, pour sa part, porte des propositions concrètes dans le cadre d’Ensemble pour le Fret, en faveur d’un véritable développement du fret ferroviaire, reconstruire une offre solide autour du wagon isolé.

L’enjeu est de retrouver une place centrale dans la chaîne logistique du pays assuré par l’opérateur public historique, capable de répondre aux besoins des chargeurs.

 

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LA DIRECTION VOULAIT FLEXIBILISER LES REPOS DES ADC D’HEXAFRET, LES ÉLUS CGT FONT RESPECTER LA RÈGLE

| Le transport de marchandises

Depuis des mois, les élus CSE CGT alertent sur les dérives des plannings réécrits tous les quatre mois. Cette instabilité imposée a plongé les ADC dans une fatigue chronique, une désorganisation personnelle permanente et une perte de vigilance dangereuse pour la sécurité ferroviaire. Ces alertes, confortées par de nombreux témoignages d’agents, ont été systématiquement minimisées par la direction.

Lors du CSE du 27 novembre 2025, la mobilisation constante de la CGT a finalement contraint la direction à revoir sa position. Le président du CSE a reconnu que les roulements trimestriels ne pouvaient plus continuer et s’est engagé à ce que les repos soient désormais fixés sur l’année. Cet engagement répond directement aux revendications portées depuis des mois par les élus CGT.

La direction a également annoncé que toute évolution de roulement, notamment en avril, ne pourra désormais se faire qu’en concertation avec les représentants du personnel et les ADC concernés. Le président a confirmé qu’en cas de désaccord, aucune modification ne serait imposée. C’est un changement majeur, obtenu grâce à la ténacité de la CGT face à une pratique jusque-là menée sans réelle discussion.

Ces engagements devront maintenant être mis noir sur blanc. La CGT l’a exigé et seule une formalisation écrite permettra de sécuriser définitivement les règles et d’éviter tout retour aux réécritures permanentes de planning qui dégradent tant les conditions de travail. La direction acte donc que :

« Même si les roulements sont bornés en avril dans PACIFIC, les grilles de RP sont conservées par principe sur l’ensemble du service jusqu’en décembre 2026. Si une modification de RP est nécessaire pour insérer de la charge en grille, cette modification sera discutée / validée avec les RPX. »

Cette avancée n’est pas un cadeau de la direction. Elle est le résultat du travail continu des élus CGT, des interventions en CSE, des dossiers travaillés, des remontées du terrain et de la détermination collective à faire respecter la santé et la sécurité des conducteurs.

Il reste cependant du chemin. Les mises en CV non prévues dans les JS continuent d’alourdir les journées, ajoutant de l’imprévu et de la charge mentale à des plannings déjà fragilisés. La direction avait promis de créer des trains dédiés pour traiter ces situations. Rien n’a été fait. La CGT exige que cet engagement soit enfin respecté. La suite du CSE d’Hexafret, lundi 1 décembre 2025, doit permettre d’obtenir de réelles avancés sur ce sujet ô combien conflictuel.

Une organisation stable nécessite un service cohérent et des moyens adaptés.

Les ADC d’Hexafret ont besoin de visibilité, de repos garantis, de plannings lisibles et de conditions de travail compatibles avec la vigilance indispensable à l’exercice de leurs métiers. La CGT continuera à porter ces exigences, à organiser les remontées du terrain et à construire des propositions réalistes, comme cela avait été fait en instance territoriale ELS où une solution crédible de stabilisation avait été présentée.

Aujourd’hui, une première victoire a été obtenue. Elle montre que rien n’est jamais perdu lorsque les agents et leurs représentants refusent de laisser passer l’inacceptable. La CGT poursuivra ce travail jusqu’à l’obtention d’un service annuel réellement protecteur, construit avec celles et ceux qui vivent les métiers au quotidien.

 

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LA GRANDE BRADERIE DES BIENS DE FRET SNCF !

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Des locomotives 27000 de l’ex-Fret SNCF, maintenant C32, sont liquidées aux enchères publiques sur le site Agorastore comme de simples biens obsolètes. Cette politique, menée au nom de la discontinuité imposée par Bruxelles et validée par un gouvernement est un non-sens économique et industriel.

C’est un gâchis historique aux conséquences durables pour les cheminots, pour Hexafret, pour les chargeurs et pour les ateliers de maintenance. C’est aussi un cadeau offert aux autres entreprises de fret qui vont pouvoir bénéfi-cier de matériels modernes pour un prix modique.

Pour la CGT, il aurait été opportun de pouvoir garder ces locomotives, dont certaines sont passées en OP mi-vie, au lieu de remettre en service nos vieilles 7200. C’est de la QVT inversée ! Dans le même temps, on brade les matériels modernes… et on ressort les BB 7200.

Le coût de l’OPMV des 27000 est de 1,2 million par locomotive. La valeur marché de la locomotive est d’environ 800 000 euros, soit pour une 27000 quasi neuve 2 millions d’euros. Elles sont aujourd’hui en vente à 2,5 millions pour un lot de 3 machines.

Ce n’est pas tout ! Il y a aussi le scandale des BB 36300, un matériel moderne, sacrifié sans cohérence. Les locomotives 36300 n’étaient pas un matériel vétuste. Elles représentaient l’un des investissements les plus récents et les plus structurants pour le fret : locomotives modernisées, dotées de systèmes performants et d’un potentiel industriel largement supérieur à ce que laissent entendre leurs détracteurs.

Elles ont été retirées du service bien avant la fin de leur durée d’amortisse-ment, immobilisées administrativement, puis vendues aux enchères pour des montants dérisoires, loin de leur valeur réelle. Ce n’est pas une cession, c’est une perte sèche d’investissement public. Ce n’est pas une stratégie, c’est un abandon !

Sous couvert de discontinuité, c’est une liquidation qui dépasse largement les exigences européennes.

L’argument de la discontinuité, brandi comme justification absolue, est utilisé bien au-delà de ce que demande réellement Bruxelles. La France applique une version maximaliste et punitive de la séparation entre l’ancienne activité Fret SNCF et Hexafret, alors que d’autres États européens ont mené des transitions plus pragmatiques, préservant leur matériel et leur outil industriel.

La CGT dénonce avec force cette politique schizophrène.

Pendant que des 36300 et des 27000, parfaitement aptes à la traction, sont vendues ou partent à l’export, les agents d’Hexafret voient réapparaître des locomotives hors d’âge avec tout le confort qui les caractérisent…

Ces machines ont plus de 40 ans, une ergonomie datée et une capacité de traction limitée. Les ateliers doivent réapprendre à maintenir un matériel qui aurait dû être remplacé depuis longtemps. Les agents, quant à eux, doivent composer avec des engins qui ne correspondent ni aux besoins actuels ni aux exigences de sécurité modernes, pas plus qu’à la volonté affichée de relancer le fret avec en plus des charges optimisées qui ne font qu’aggraver leur vieillissement. La Direction nous a annoncé qu’elles auraient dû être retirées de la circulation en 2034, mais que finalement, elles seraient retirées en 2030.

Une politique incohérente, coûteuse et dangereuse pour la relance du fret ferroviaire

Concernant les terrains de Fret SNCF, un AMI (appel à manifestation d’intérêt) va être lancé pour la vente d’un million de mètres carrés, ce qui représente plus de 100 millions d’euros d’actifs qui là aussi vont être bradés. Qui seront les repreneurs ? On peut déjà craindre que tous ces terrains servent avant tout l’appétit féroce des promoteurs immobiliers et ne soient en rien en lien avec le monde ferroviaire.

Le doublement de la part modale du FRET FERROVIAIRE ne pourra pas se faire sans l’opérateur historique, mais pour cela, il faut qu’il conserve des moyens humains et matériels.

La relance du fret public n’est pas une option !

La relance immédiate du train des primeurs et de l’AFA doit devenir une priorité nationale. Pour la CGT, Hexafret a encore la capacité de pouvoir les assurer. Le gouvernement français doit immédiatement remettre ces trafics sur les rails ! « Pas de report modal inversé ! », il avait été dit. Pourtant, les exemples sont là !

POUR LA CGT, LE FRET FERROVIAIRE PUBLIC EST L’AVENIR,
AVEC LES CHEMINOTS D’HEXAFRET
POUR UNE VRAIE RELANCE DE L’ACTIVITÉ !

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