SOUFFRANCE À L’ENCADREMENT, UNE MALADIE ORPHELINE ?
Par courrier en date du 24 février 2026, la Fédération CGT des cheminots et son UFCM ont alerté sur l’aggravation de la souffrance au travail de l’encadrement au sein du Groupe SNCF et sur l’urgence d’ouvrir de véritables discussions sur cette situation.
Les cheminots de l’encadrement se retrouvent en première ligne d’une organisation du travail dégradée, et subissent les injonctions contradictoires de la politique d’entreprise sans lisibilité et sans moyens pour répondre à des objectifs toujours plus élevés.
Il aura fallu une DCI pour que la direction du Groupe sorte de son silence incompréhensible.
Le temps n’est plus à parler de simples risques hypothétiques. La souffrance est installée, visible, cadres et agents de maîtrise font état d’une souffrance généralisée : surcharge de travail, sollicitations permanentes, injonctions contradictoires, perte de sens, isolement, épuisement professionnel, difficultés à assurer leurs missions dans de bonnes conditions et, dans les cas les plus dramatiques, gestes irréversibles.
DES SYMPTÔMES RECONNUS MAIS PAS DE TRAITEMENT
Pour l’UFCM-CGT les souffrances ne sont pas des fragilités individuelles mais des symptômes d’un système malade. La prévention ne peut pas se limiter à des formations à la gestion du stress ou à des dispositifs de soutien psychologique.
Pour être efficace, il faut s’attaquer aux causes structurelles : les objectifs irréalistes, les modes d’évaluation injustes, les restructurations permanentes, la surcharge de travail, la perte de sens.
L’UFCM-CGT demande un plan d’action national afin de prévenir et de traiter la souffrance actuelle des cheminots de l’encadrement, avec identification immédiate des situations critiques et amélioration des prises en charges psychologiques.
La direction répond « renforcement du Pôle de Soutien Psychologique » (+7 psychologues) et « C’est à vous », qui constituerait une forme d’évaluation des risques professionnels, et par un plan d’action qui devrait être mis en oeuvre, mais sans donner de détails. Elle reste muette sur la saignée des cabinets médicaux sur l’ensemble du territoire et la perte de 50 ETP de professionnels du médical dans le cadre des fermetures annoncées des CFASS.
L’UFCM-CGT demande le retour à un management basé sur l’humain et la qualité de production, incompatible avec le lean management et ses déclinaisons, et notamment dès l’intégration des jeunes cadres, par l’abandon des formations accélérées et réduites.
La direction répond travailler à l’amélioration de l’offre de formation des encadrants, formations initiales comprises. Mais rien sur le lean management et ses déclinaisons qui font des ravages aussi bien sur la santé physique que mentale.
L’UFCM-CGT pointe les dérives du forfait jour, la surcharge de travail et de temps de travail de l’encadrement,
La direction répond « EIA » et « entretien Forfait jours », dont les trames ont été revues, et kit d’accompagnement. Mais aucun outil de contrôle du temps de travail, aucun outil d’évaluation de la charge de travail, aucun moyen de répartition de la charge. La direction refuse d’employer les termes d’organisation du travail, d’emploi ou d’effectif.
L’UFCM-CGT demande la reconnaissance de la pénibilité pour les postes de DPX et d’assistant DPX et la totalité des emplois-repères soumis à l’astreinte.
La direction répond « liste établie des ERPA », sans envisager une réévaluation des critères et emplois. Pour l’UFCM-CGT, ces cheminots subissent un important déséquilibre vie professionnelle – vie personnelle qui impacte sévèrement leur santé physique et mentale, avec des horaires irréguliers et une disponibilité continue : il est urgent que la pénibilité subie par ces cheminots soit reconnue !
Les directions SNCF successives se reposent depuis trop longtemps sur la conscience professionnelle et l’engagement des encadrants ou sur la pression et le management par la terreur.
La mobilisation des encadrants est un indicateur important pour la direction !
Aucun travail ne doit coûter une vie, la surcharge mentale n’est pas une faiblesse mais bel et bien la conséquence des différentes politiques menées qui pressurisent l’encadrement, sacrifié sur l’autel de la privatisation et la rentabilité de l’entreprise.
L’entreprise doit prendre en compte le quotidien des encadrants et stopper les réorganisations qui n’ont plus de sens. La direction doit reconnaitre notre souffrance, notre colère, notre volonté de travailler dans des conditions correctes et apaisées.
Ingénieurs, Cadres, Techniciens, Agents de Maîtrise,
CHEMINOTS COMME LES AUTRES !
REJOIGNEZ LA MOBILISATION DU 10 JUIN PAR LA GRÈVE !





La CGT exige non seulement le maintien des 35 heures, mais estime également qu’il est temps de rouvrir des négociations sur la réduction du temps de travail, conformément aux aspirations globales des salariés dans le pays, cheminots y compris. En effet, ceux-ci aspirent à plus de temps libre consacré à leur famille, leurs amis, les loisirs, le sport et la culture. C’est pourquoi le maintien et le développement des Activités Sociales et Culturelles, portés par la CGT, doivent être une priorité !










