STOPPONS CETTE CASSE QUI BROIE
Les quatre organisations syndicales représentatives CGT Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail, CFDT Cheminots appellent à la grève le 10 juin 2026.
Réorganisations en cascade, souffrance au travail, arrêts maladie et accidents du travail en hausse : nos quatre fédérations refusent d’attendre.
LES ALERTES S’ACCUMULENT, LES RÉPONSES MANQUENT.
À la SNCF, un agent sur trois déclare aujourd’hui souffrir de troubles anxieux ou dépressifs. Les arrêts maladie liés à la santé mentale ont progressé de 40 % en cinq ans. Les accidents du travail ont bondi de 15,9 % entre 2024 et 2025 dans le périmètre du Groupe Public Unifié, de 21,7 % filiales incluses et de 50 % sur trois ans.
La médecine du travail alerte, les cellules d’écoute saturent, les remontées de terrain s’accumulent et la direction reste sourde aux signaux du mal-être engendré par leur politique. Pire, elle continue de présenter chaque nouveau plan comme un progrès, à grand renfort de séminaires et d’éléments de langage.
RÉORGANISER, ENCORE, ENCORE, ENCORE.
Liquidation de Fret SNCF, cinq-cents postes supprimés et vingt-trois flux livrés au privé. Sud Azur, Étoile d’Amiens, Loire Océan, créées dans la foulée pour fracturer la SNCF sous couvert d’ouverture à la concurrence ; « Maintenir Demain » qui redécoupe vingt-huit établissements et redistribue quatorze mille mainteneurs ; « Résonances » qui prend la suite chez SNCF Réseau, sans temps mort ; « Destination 2030 » qui réécrit l’organisation de SNCF Voyageurs dans la foulée ; Et dans toutes les fonctions transverses – RH, finances, juridique, communication, achats ; Dans tous les chantiers, les ateliers, les dépôts, les bureaux, les gares, partout la même musique depuis des années : moins d’effectifs, plus de polyvalence, plus de territoires à couvrir par agent. Voilà le quotidien des cheminots, dans tous les collèges, dans tous les métiers : des collectifs cassés, des repères qui sautent, des postes supprimés et menacés, des conditions de vie et de travail qui se dégradent.
UNE MÉCANIQUE, PAS DES CAS ISOLÉS.
Cette fragmentation du rail français n’arrive pas par hasard. Elle est le produit d’une vision politique portée par l’État actionnaire et appliquée avec zèle par les directions successives – celle d’un opérateur historique qu’il faut rentabiliser au service du libéralisme ; une vision construite sur un dogme patronal omniprésent et rarement assumé : la supériorité du modèle privé sur le modèle public, de la concurrence sur la coopération, de la flexibilité sur la stabilité. Sur le terrain, cette idéologie produit des effets concrets : on réduit les coûts pour gagner des appels d’offres, on filialise pour s’affranchir de la réglementation historique de la SNCF, on sous-traite pour externaliser nos métiers, on démantèle les fonctions RH de proximité. Nous l’affirmons unitairement : depuis très longtemps, nous sommes face à une politique d’entreprise visant à déstabiliser les salariés et créer un climat professionnel anxiogène.
PERSONNE N’EST À L’ABRI.
ASCT, conducteurs, agents de la voie, des gares, du Matériel, de la Circulation, techniciens, agents de maîtrise, cadres, cadres supérieurs, personnels des fonctions support : la souffrance au travail ne reconnaît ni grade ni métier. L’encadrement craque sous les injonctions contradictoires et la perte de sens. Les opérationnels craquent sous la pression des objectifs et la fatigue accumulée. Les fonctions transverses craquent sous la charge qu’on continue de leur empiler à effectifs réduits. La réorganisation permanente n’épargne personne, parce qu’elle ne vise personne en particulier : elle est devenue la méthode.
CE QUE NOUS EXIGEONS :
- Un cadre social de haut niveau pour tous les cheminots,
- Maintenir l’unité sociale et l’ensemble des droits et garanties pour tous les cheminots du GPU et des filiales fret et Voyageurs,
- L’arrêt immédiat de toutes les réorganisations, tant locales que nationales, qui détériorent les conditions de vie et de travail des cheminots,
- L’abandon des politiques d’externalisation et de sous-traitance,
- Des mesures immédiates en matière d’emploi, matérielle et formation,
- Arrêter le processus de filialisation/privatisation ;
- Garantir partout des pôles RH dimensionnés à hauteur des besoins, en augmentant les effectifs RH de proximité.
MARDI 9 JUIN 19H00 –> JEUDI 11 JUIN 06H00
TOUS ET TOUTES EN GRÈVE LE 10 JUIN 2026 !
















