LA DIRECTION « LOUPE » L’OCCASION D’ANTICIPER LA CRISE !
Canicule et outil "Loupe" de Pacific
Alors que l’été n’a pas encore débuté, le pays traverse déjà son deuxième épisode de canicule. Ces pics de chaleur extrême ont de lourdes répercussions sur la santé, le repos et les conditions de travail des cheminots. Les faits récents démontrent que le plan d’action de la Direction n’est pas à la hauteur de la situation. Face à un phénomène désormais récurrent d’année en année, la CGT réclame des mesures immédiates !
La vague de chaleur de fin mai à mis en exergue la fragilité de notre matériel roulant : Ouigo, Intercités, les rames TER (X73500…) et, dans une moindre mesure, Inoui ont subi des défaillances importantes. Alors que nous entrons dans un deuxième épisode caniculaire, les pannes se multiplient à nouveau.
En première ligne, les agents de train et de conduite subissent et gèrent ces dysfonctionnements au quotidien, souvent au péril de leur propre sécurité. L’agression intolérable d’un ASCT sur la ligne Intercités Paris–Clermont, le 15 juin, en est la triste illustration. Face à l’accumulation de ces événements, la Direction doit sortir de l’inertie et prendre des mesures d’urgence et pérennes.
Au-delà du matériel voyageurs, ce sont toutes nos infrastructures qui subis-sent de plein fouet ces températures extrêmes : rails, caténaires et instal-lations électriques sont poussés à leurs limites. Pourtant, rien de tout cela n’est nouveau. Les limites historiques du matériel Corail sont identifiées depuis la canicule de 2003, et les systèmes de réfrigération de certains TER s’avèrent totalement inefficaces dès que l’affluence augmente. Dans nos technicentres, les sous-effectifs chroniques et les choix d’organisation du travail empêchent d’assurer une maintenance préventive de qualité, dégradant inévitablement le service rendu.
Face à cette impasse, la Direction a fait le choix de la fuite en avant et du renoncement. Sa seule réponse face aux alertes de fortes chaleurs : supprimer purement et simplement des circulations. Cette méthode, dont l’activité Intercités est devenue la spécialiste, devient insupportable pour les usagers et les cheminots. Pour la CGT, cette logique de repli est inaccep-table ! Alors que le train est la réponse incontournable au défi climatique, il doit pouvoir circuler en toutes circonstances pour répondre aux besoins des usagers.
Nous refusons de continuer à subir cette gestion de crise permanente qui met en danger la santé des cheminots et dégrade le service public. Il y a urgence à rompre avec les politiques de rigueur. Nous exigeons des inves-tissements d’envergure, tant dans l’humain (les embauches) que dans le matériel et les infrastructures, pour faire face à l’avenir et assurer nos missions en toute sécurité !
Selon une étude récente de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies profes-sionnelles), il est difficile de travailler au-delà de 28 °C dès lors que des efforts physiques sont exigés et de 30 °C pour un travail sédentaire. Au-delà de 33 °C, c’est même considéré comme un danger. Or, des tempéra-tures supérieures ont déjà été constatées dans plusieurs rames…
La CGT rappelle que le décret du 25 mai 2025 impose plusieurs mesures aux employeurs :
- augmentation de la quantité d’eau ;
- choix d’équipements de travail adaptés (suspension du port de la casquette) ;
- fourniture d’équipements de protection individuelle ;
- adaptation des organisations du travail avec la mise en place de pauses complémen-taires.
Pourtant, alors même que la situation exigerait une mobilisation totale de la Direction, celle-ci, atteinte d’une myopie préoccupante, préfère concentrer ses efforts sur un tout autre sujet. Une communication adressée aux ADC et ASCT a ainsi officialisé la suppres-sion de la loupe sur Pacific. Sous couvert de la directive RGPD, la Direction fait disparaître un dispositif apprécié des roulants, utile aussi bien pour l’organisation du travail que pour la gestion du RHR.
Pour la CGT, cette décision est incompréhensible. Bien plus qu’un simple outil, la loupe sur Pacific favorise les échanges entre collègues, rompt l’isolement et contribue à faire vivre les collectifs de travail. La supprimer, c’est fragiliser encore davantage la qualité de vie au travail des roulants. La CGT a interpellé la Direction pour demander des explications sur les raisons qui ont conduit à cette annonce. Si une suspension de la suppression jusqu’à la fin de l’année a été annoncée, la Direction va proposer une alternative à Pacific (appelé à disparaître).
Pour la CGT, il est urgent de changer de cap. Face aux épisodes de fortes chaleurs, la Direction doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la santé et la sécurité des cheminot·e·s, investir massivement dans le matériel, les infrastructures et les effectifs, et appliquer sans délai les dispositions réglementaires de protection des cheminot·e·s.
Dans le même temps, elle doit cesser de fragiliser les collectifs de travail en supprimant des outils utiles aux roulants. La CGT exige le maintien de la loupe sur Pacific ainsi que de tous les outils indispensables au quotidien des ADC et des ASCT.
LES CHEMINOT·E·S ONT BESOIN DE RÉPONSES CONCRÈTES, PAS DE NOUVELLES RÉGRESSIONS !














