Depuis plusieurs semaines, les luttes se multiplient contre l’austérité, la casse sociale, la faiblesse des salaires et pensions.
Après la journée réussie du 29 septembre ainsi que les mobilisations de la jeunesse, le 17 octobre, près de 800 000 personnes, dont de nombreux cheminot·e·s, se sont mobilisées partout en France.
La Fédération CGT des cheminots, et ses structures locales prennent toute leur place dans ces mobilisations.
Les mobilisations se multiplient pour l’augmentation des salaires, des minima sociaux, le financement des retraites et des services publics. La jeunesse, les salariés, les retraités, les privés d’emploi, dénoncent les inégalités dans notre pays et la violence du projet budgétaire en cours de discussion, alors même que beaucoup d’entre nous devons choisir entre faire le plein de carburant, faire nos courses, s’alimenter tous les jours ou se soigner.
Le budget débattu actuellement à l’Assemblée nationale ne prévoit aucune mesure pour récupérer l’argent des exonérations de cotisations sociales (211 milliards d’euros), celui stocké dans les niches ou paradis fiscaux, ou encore pour taxer les profits records des entreprises du CAC 40 notamment (environ 63 milliards d’euros de dividendes versés aux actionnaires dans le premier semestre 2026). À l’inverse, il prévoit 54 milliards d’économies qui pèseront directement sur les services publics déjà exsangues (- 7 milliards d’euros sur les moyens attribués aux Régions), la baisse de la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus (passage de 7 à 5 milliards) et de nouveaux cadeaux aux grands groupes.
Ce budget régressif que voudrait nous imposer l’Exécutif va aggraver la pauvreté, amputer la Sécurité sociale, geler les salaires des fonctionnaires et assécher les moyens pour les services publics et la transition écologique.
Par leur refus obstiné de répondre aux revendications portées massivement dans les manifestations, gouvernement et patronat portent la responsabilité politique de la montée des violences, qui ne sont en rien le fait des manifestants.
Dans ce contexte, la CGT soutient sans retenue le mouvement de la jeunesse qui défend des revendications légitimes et est confrontée à une répression qui menace la liberté de manifester. Elle appelle à poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes, à mettre partout en débat sur les lieux de travail les conditions de la réussite des prochaines étapes revendicatives, dont la grande journée unitaire et interprofessionnelle de grève et de manifestation du 5 NOVEMBRE PROCHAIN.
Dans le ferroviaire
Les salaires sont en berne. L’austérité imposée dans le ferroviaire reflète la politique gouvernementale appliquée dans tout le pays. Partout, les cheminotes et les cheminots voient leur salaire décrocher, leur niveau de vie reculer. Face à la flambée des prix, les 0,18 % d’augmentation générale des salaires décidés lors des négociations annuelles à la SNCF pour 2026 ont tout d’un affront. Quand la Direction répond en centimes à des factures qui se comptent en centaines d’euros, elle ne reconnaît pas notre travail, elle en rabaisse la valeur.
La reconnaissance du travail des cheminots doit enfin se lire sur la fiche de paie. Quels que soient le métier, le statut social ou l’entreprise ferroviaire, nous faisons toutes et tous face à la même urgence : pouvoir vivre dignement de notre travail. Toutes et tous ensemble, interpellons les directions des entreprises ferroviaires pour exiger des augmentations générales des salaires. Sous l’impulsion de la Fédération CGT des cheminots, un rassemblement unitaire est organisé pour exiger l’ouverture de négociations salariales à la SNCF.
LE 3 NOVEMBRE, SOYONS NOMBREUX À SAINT-DENIS !
Parallèlement, nos conditions sociales, de vie et de travail se dégradent. Le manque de moyens pour bien travailler, la dérèglementation du travail et les reculs sociaux deviennent la norme. Le processus de privatisation en cours à la SNCF, la mise en place de filiales, l’ouverture du capital d’Hexafret ainsi que les nombreuses réorganisations/restructurations dans les différentes sociétés du Groupe frappent notre quotidien d’incertitudes, d’incompréhensions et génèrent de l’anxiété.
Par ailleurs, les cures d’austérité vis-à-vis du financement du réseau, le manque d’emplois et de formations, impactent le niveau de sécurité des circulations et les conditions de vie et de travail des cheminot·e·s.
LE 5 NOVEMBRE, L’UNITÉ DES CHEMINOTS SERA NOTRE FORCE !
Dans ce contexte de mobilisations multiformes de ces dernières semaines, la CGT – et sa fédération des cheminots – a fait le choix de soutenir les mobilisations lycéennes et étudiantes et de sécuriser les cortèges de manifestants, de s’inscrire dans les mobilisations citoyennes du samedi. Pour la CGT, le patronat en général, celui du ferroviaire dont la direction du GPU SNCF en particulier, ne peuvent demeurer simples spectateurs d’un contexte abrasif. Les grèves dans les entreprises s’imposent et doivent s’ancrer pour que s’ouvrent des négociations sur les salaires, l’emploi, les conditions de travail notamment.
MANIFESTER DONNE DE LA VISIBILITÉ MAIS NE SUFFIRA PAS : IL NOUS FAUT DÉSORMAIS PESER SUR L’ÉCONOMIE ET SUR LA PRODUCTION POUR OBLIGER GOUVERNEMENT ET PATRONAT À ENTENDRE NOS REVENDICATIONS
POUR LE SERVICE PUBLIC, POUR NOS CONDITIONS SOCIALES ET DE TRAVAIL, EXIGEONS ENSEMBLE :
- L’ouverture immédiate de négociations salariales dans les entreprises de la branche ferroviaire et des augmentations générales des salaires ;
- Le maintien de l’unité sociale au sein de la SNCF ;
- Des embauches en nombre suffisant ;
- Une formation qui permette d’exercer nos métiers dans les meilleures conditions ;
- La mutualisation des moyens financiers, matériels et humains pour une production plus efficace et sûre ;
- Des droits sociaux de haut niveau pour l’ensemble des cheminot·e·s de la branche ;
- L’arrêt du processus de privatisation de la SNCF ;
- L’accès aux cabinets médicaux pour les actifs et les retraités.
À chaque fois que nous nous sommes mobilisés fortement par la grève, nous avons mis en échec de nombreuses attaques du gouvernement et des directions des entreprises ferroviaires.
Sous l’impulsion de la Fédération CGT des cheminots, les quatre organisations syndicales représentatives à la SNCF appellent les cheminot·e·s à s’inscrire dans la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation du 5 novembre.
L’urgence sociale et salariale frappe l’ensemble des métiers avec la même force qu’elle frappe les écoles, les hôpitaux et les usines. Dès maintenant, débattons le plus largement possible sur les lieux de travail, avec les syndicats CGT de proximité, de la construction d’une grève majoritaire dans toutes les entreprises du ferroviaire.
POUR EXIGER UN AUTRE PARTAGE DES RICHESSES, RETROUVER NOTRE DIGNITÉ ET IMPOSER D’AUTRES CHOIX, ACCENTUONS NOTRE MOBILISATION, TOUTES ET TOUS ENSEMBLE !