DES MAUVAIS CHOIX QUI ONT DES CONSÉQUENCES !
Le procès de l’accident ferroviaire de Denguin aura lieu du 5 au 9 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Pau.
Depuis cet accident, les moyens dévolus à la maintenance n’ont cessé de rétrécir. La CGT continuera de porter ces enjeux, notamment lors de la table ronde sécurité du 21 octobre prochain présidée par le P-DG de SNCF Réseau.
Le 17 juillet 2014, un TER a percuté un TGV à Denguin, après le passage au vert du sémaphore S23 alors que le TGV se trouvait encore sur la voie. L’acci-dent a fait de nombreuses victimes et provoqué de graves blessures.
Les investigations ont écarté la responsabilité des conducteurs, du régulateur et du matériel roulant. Elles ont mis en évidence un dysfonctionnement de la signalisation lié à la dégradation de câbles électriques par des rongeurs dans une guérite insuffisamment protégée.
Le dossier fait également apparaître des insuffisances concernant la concep-tion des installations, la prévention du risque lié aux rongeurs, la maintenance, la formation des agents, la clarté des procédures et les moyens humains consacrés à la sécurité.
La CGT considère que cet accident ne peut pas être réduit à une panne tech-nique ou à une erreur individuelle. Il pose la question des choix d’organisation du travail : réduction des effectifs, allongement des délais de maintenance, parcours d’astreinte étendus, pression sur la production et priorités budgé-taires incompatibles avec une maintenance réellement préventive.
Derrière ces choix, c’est la responsabilité de l’organisation et des niveaux de décision qui doit être examinée. Les agents de terrain ne peuvent pas être désignés comme les responsables lorsque les moyens, les formations et les consignes ne leur permettent pas d’assurer pleinement leur mission de sécu-rité.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large. Après Brétigny, puis Eck-wersheim, et plus récemment l’accident survenu en Normandie, la question revient toujours : les accidents ferroviaires sont-ils traités comme des événe-ments isolés ou comme les conséquences de choix durables en matière d’organisation, d’effectifs et de maintenance ? Pour la CGT, les mêmes causes produisent les mêmes effets lorsque les alertes du terrain ne sont pas enten-dues et que la sécurité reste soumise aux impératifs de productivité.
La CGT des cheminots s’est constituée partie civile afin de défendre l’intérêt collectif de la profession. Elle entend faire reconnaître l’atteinte portée à la sécurité des cheminots, des conducteurs, des agents de maintenance et, plus largement, à l’ensemble du service public ferroviaire.
La CGT demandera que soient pleinement examinées les responsabilités des sociétés renvoyées devant le tribunal, ainsi que les choix d’organisation qui ont contribué à fragiliser la prévention des risques. Elle rappellera que la sécurité ne peut pas dépendre des seuls moyens disponibles ni être ajustée aux con-traintes de production.
La sécurité ferroviaire est une obligation collective. Elle ne peut être sacrifiée à la rentabilité, à la réduction des effectifs ou à la recherche de gains de productivité.














